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A Miami, le président de Vale "oublie" son usine calédonienne de nickel

La conférence annuelle globale sur les métaux, l’acier et le secteur minier mondial s’est tenue à Miami en Floride. Elle était organisée par deux des plus grandes institutions bancaires du secteur. L’intervention de Fabio Schwartsman, le président de la compagnie minière Vale, était attendue. 

Usine du Sud nickel et cobalt du brésilien Vale en Nouvelle-Calédonie © Claudine Wery AFP
© Claudine Wery AFP Usine du Sud nickel et cobalt du brésilien Vale en Nouvelle-Calédonie
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
La Nouvelle-Calédonie n’a pas été évoquée par Fabio Schwartsman pendant son intervention à la Conférence globale de Miami (Bank of America Merrill Lynch 35th Annual Global Mining Metals & Steel Conference). Le document disponible pour l'occasion évoque seulement le Brésil et le Canada. Une seule ligne et deux mots mais pas n'importe lesquels "VNC Stabilisation" résument plutôt positivement la situation de l'usine du Sud.

Stabilisation discrète

La discrétion dont a fait preuve Fabio Schwartsman serait plutôt une bonne nouvelle selon Jean-François Lambert, expert économique des métaux industriels, qui sait interpréter les silences des dirigeants de l’industrie minière : « Devant ses collègues de l’industrie mondiale à Miami, je constate que le président de Vale n’a pas parlé de la Nouvelle-Calédonie. Je ne dis pas qu’il ne veut plus vendre ou trouver un partenaire pour son usine calédonienne [...] mais clairement cela montre que la pression est retombée pour l’usine de nickel du Sud » conclut le consultant en matières premières. Il est vrai que les cours du nickel sont bien orientés, avec un métal qui finit la semaine autour de 14.600 dollars la tonne. Et les cours du cobalt dépassent 90.000 dollars. Le grand complexe industriel Vale Nouvelle-Calédonie (VNC) ne serait donc donc plus considéré comme un gouffre financier. Dans ces conditions, même en Floride, le silence est d’or…

Encore positif

Le métal s’est apprécié de près de 5 % depuis vendredi dernier, du fait de plusieurs facteurs selon les analystes de Commerzbank. « Avant même les craintes d’interruption des exportations du géant Russe Norilsk Nickel par de possibles sanctions américaines, les prix du nickel sont portés par une demande favorable ». Le Groupe d’étude international du nickel (INSG) s’attend à un nouveau déficit important de l’offre d’environ 120.000 tonnes cette année. 

Cette semaine, le nickel pourrait avoir aussi bénéficié du discours optimiste sur « la révolution du véhicule électrique » lors d’une conférence à Hong-Kong. Le nickel est, en effet, utilisé pour la conception de la plupart des modèles de batteries électriques. On note également un nouveau record dans les échanges de nickel : « 722.000 contrats électroniques ont été passés pour la seule journée de jeudi sur le marché asiatique des métaux (SHFE), le plus haut niveau depuis le 19 avril » souligne le négociant londonien Marex Spectron qui ajoute :" Les stocks de la Bourse des métaux de Shanghai (SHFE) sont tombés à des niveaux inédits depuis novembre 2015, à 33.000 tonnes".

Une dernière information est arrivée d’Afrique. Il s’agit de l’examen par la Tanzanie d’une nouvelle demande de licence d’exploitation de Glencore et Barrick Gold. Elle concerne leur projet de joint-venture (société commune) pour le site de Kabanga nickel. Un pari sur l’avenir ? La demande d’un métal de haute pureté devrait bondir de 50 % d’ici 2030 rappelle le dernier rapport Cyclope 2018...

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