Une mère guyanaise pousse un cri d'alarme pour son fils autiste

santé
61b0cf5f96ba5_djibdib.png
Mylène et son fils Djibril ©Mylène Clet
Atteint d’autisme non verbal, Djibril est contraint de rester chez lui, faute de place dans les instituts médicaux spécialisés (IME) de son département, en Seine-Saint-Denis. Il y a 3 mois, Mylène Clet lance une pétition en ligne dans l’espoir d’être vu et entendu. Elle a récolté plusieurs milliers de signatures à ce jour.

"Dans une situation normale, mon fils devrait être en IME entouré par des professionnels, ce qui n’est pas le cas à la maison." Depuis maintenant 2 ans et demi, Djibril, 12 ans, est sans suivi médical. Le jeune garçon était à l’hôpital de jour de Ville-Evrard, à Neuilly-sur-Marne. À 10 ans, il a été comme "mis à la porte" déplore sa mère. "La structure ne pouvait plus l’accueillir. Depuis, nous sommes sans rien."

Ne sachant plus vers qui se tourner, la maman de 44 ans décide d’écrire son désarroi dans une pétition en ligne adressée à la déléguée interministérielle à la stratégie nationale pour l’autisme, Claire Compagnon.  

61b0cad804792_petition-djibril.png
"Une place en IME pour mon fils" est la pétition faite par Mylène Cilet, la maman de Djibril ©Capture d'écran de la pétition pour Djibril

À ce jour, sa demande a récolté plus de 21 000 signatures. "Je l’ai faite en dernier recours car je suis quelqu’un de discret. D’habitude, je me bats en silence, mais j’ai l’impression de ne pas y arriver. Je veux nous faire connaître et qu’on nous aide", raconte Mylène Clet.  

"Je n’ai pas envie qu’il passe sa vie entre 4 murs"

La fonctionnaire de mairie est d’autant plus inquiète pour sa situation actuelle que pour l’avenir de Djibril. "Je n’ai pas envie qu’il passe sa vie entre 4 murs. Je suis stressée et fatiguée par toutes ces démarches à faire qui n’aboutissent pas depuis des années", décrit Mylène, désabusée.  

61b0d088a54ae_20190609-090440.jpg
Mylène et son fils Djibril ©Mylène Clet

La mère quadragénaire explique être confrontée à la violence de son fils, préadolescent d’1,60 m pesant plus de 100 kg. "Djibril a des périodes où il est agressif parce qu’il est frustré ou parce qu’il n’arrive pas à s’exprimer… Le garder 24 heures sur 24 à la maison n’arrange pas la situation. Tous les enfants vont à l’école, pourquoi les enfants autistes doivent rester à la maison ?"

Pour tenir le coup, Mylène demande de l’aide à une agence spécialisée qui vient garder le préadolescent de temps à autre et à un ami. Son père est aussi "très présent".  

Le manque de place en IME, un problème récurrent en France

"Je n’arrive pas à comprendre que des enfants autistes restent à la maison, faute de structures, alors que c’était une décision clé du gouvernement. Le handicap devait être une priorité, mais ils n’ont pas tenu leurs promesses", s’indigne Mylène.

Le 21 octobre dernier, l’État français a été une nouvelle fois condamné par la justice pour le manque de places en IME. Depuis 2015, l'État est régulièrement rappelé à l'ordre par les instances judiciaires pour son inaction.

Malgré sa situation, la maman originaire de Cayenne garde espoir. "J’espère qu’il traite notre dossier et qu’ils sont en train de chercher une place pour Djibril", relativise Mylène. "Je souhaite que mon fils puisse retourner dans la société petit à petit."