Motifs impérieux : un couple en partance pour La Réunion se voit interdire l'accès à bord

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Police aux frontières
©ERIC PIERMONT / AFP

Une jeune femme enceinte de trois mois et son compagnon n’ont pas été autorisés à embarquer sur le vol Paris - Saint-Denis de La Réunion ce samedi 27 février. La police aux frontières aurait estimé que le motif impérieux de voyage n'était pas recevable. 

Sous le choc. Trois jours après, cette jeune femme ne comprend toujours pas pourquoi la police aux frontières d'Orly s’est montrée aussi intraitable et intransigeante lorsqu’elle a voulu, avec son compagnon, embarquer à bord d'un vol à destination de La Réunion ce samedi 27 février. 

Une pression et une intimidation oppressantes

Partis le matin même de Marseille pour rejoindre Paris, le jeune couple n'a pu embarquer sur le vol à destination de La Réunion en début de soirée. "Une fois arrivés à Paris, la police des frontières a regardé notre dossier en cherchant le moindre petit truc pour nous bloquer. Ils nous ont emmenés dans un petit bureau, nous nous sommes crus dans un interrogatoire, avec une pression et une intimidation oppressantes !", affirme la jeune femme encore choquée à la1ère. 

Une incompréhension d’autant plus grande qu’une personne à l’enregistrement à Marseille a validé son déplacement après avoir vérifié le motif impérieux du voyage. "Mon grand-père a 92 ans, et sa santé se dégrade. Il souffre notamment d’un début de sénilité. Le motif de ce voyage était donc de profiter de ces derniers moments auprès de lui. J'étais accompagnée de mon fiancé, car j'ai besoin de lui physiquement et moralement à cause de ma grossesse", indique-t-elle. 

Conforté à l'enregistrement à Marseille

Le couple, conforté par le personnel à l’enregistrement à Marseille, est convaincu d’être dans son bon droit. La police aux frontières rappelle pour sa part que seuls les motifs impérieux définis par la loi permettent de se rendre actuellement Outre-mer. "Vous imaginez bien que n’importe quel voyageur qui se voit refuser l’accès à l’avion est une situation mal vécue, et nous sommes là pour expliquer, mais surtout et d’abord pour faire respecter la loi", expliquait il y a quelques jours à la1ère le commissaire Alexis Marty, directeur de la police aux frontières de l'aéroport d'Orly. 

Enceinte de 3 mois, la jeune femme et son compagnon n’ont pu embarquer et ont été contraints de chercher un hôtel à leur frais, près de l’aéroport d’Orly pour passer la nuit à Paris, avant de regagner Marseille le lendemain. "Ce policier a cherché à nous pousser à bout pour nous mettre en garde à vue. Nous avons été traités comme des criminels", témoigne la jeune femme, qui estime avoir été victime d’un "délit de faciès""Je ne comprends pas cette injustice envers les Réunionnais, c'est vraiment inadmissible", s'emporte la jeune femme. 

De retour dans le Var où le couple réside, la jeune femme indique avoir renoncé au remboursement des frais d’hôtel, mais espère obtenir une compensation pour son billet retour à Marseille... 

Une jeune réunionnaise et son compagnon interdits d'accès à bord