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Mozambique : comment se relever après les passages meurtriers des cyclones Idai et Kenneth ?

Le Mozambique, l'un des pays les plus pauvres du continent africain, vient d'être frappé de plein fouet en l'espace de six semaines par deux cyclones dévastateurs qui ont fait plus de 600 morts et des centaines de milliers de sinistrés.
 

Le 27 avril, le nord du Mozambique essuyait les fortes pluies du cyclone Kenneth, un mois après le passage d'Idai qui avait fait plus de 600 morts dans le pays. © SAVIANO ABREU / OCHA / AFP
© SAVIANO ABREU / OCHA / AFP Le 27 avril, le nord du Mozambique essuyait les fortes pluies du cyclone Kenneth, un mois après le passage d'Idai qui avait fait plus de 600 morts dans le pays.
  • La 1ère (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
Alors que de nombreuses ONG et institutions internationales se sont ruées au chevet du pays, la directrice de l'ONG locale ADPP (aide au développement du peuple pour le peuple), Birgit Holm, évalue pour l'AFP les efforts nécessaires pour relever le pays de cette double catastrophe naturelle.

Quel impact pour les deux cyclones ?
"Il ne fait aucun doute que l'impact est considérable. Celui du premier a été nettement plus important que le second, ce qui ne fait pas du second un événement moins grave.

Dans plusieurs provinces, les écoles, les centres de santé ont été détruits, ainsi que les ponts et les routes. Ces deux cyclones ont causé d'importantes destructions et affecté un total de plus de 2 millions de personnes.
Ils font reculer le Mozambique, qui était déjà auparavant un pays très pauvre souffrant de multiples problèmes. C'est tout simplement un désastre".

Que faut-il faire ?
"La priorité, c'est de faire en sorte que ceux qui ont des moyens et de l'argent interviennent et reconstruisent au plus vite toutes les infrastructures détruites. Tant de personnes ont perdu leur habitation et leurs moyens de subsistance.

Il s'agit également de venir directement à l'aide des populations. Une part importante de cette aide concernera l'agriculture puisque c'est l'activité d'une bonne partie des sinistrés. C'est fondamental, il leur faut des outils et des semences".
   
Comment éviter à l'avenir de telles destructions ?
"Il ne s'agit évidemment pas de simplement reconstruire ce qui existait avant. A l'avenir, ces (phénomènes météorologiques) seront de plus en plus fréquents, personne n'en doute. Le fait que ces deux cyclones se soient succédé en l'espace de six semaines est absolument sans précédent. Leur magnitude et le fait que leur puissance ait été déterminée par la hausse des températures des océans ne changeront pas à l'avenir. Il est même à redouter que ce soit pire.

Encore une fois, reconstruire à l'identique ne suffira pas. Il est nécessaire de renforcer les bâtiments et de faire en sorte qu'ils soient plus résistants. Il faut aussi que les petits paysans changent leurs techniques pour lutter contre les sécheresses et contre les inondations.

Nous avons connu ces dernières années au Mozambique des périodes de forte sécheresse dont les populations ont souffert dans le sud, et en même temps des inondations dans le centre et dans le nord. Il faut désormais en tenir compte. L'adaptation au changement climatique a été engagée depuis des années. Mais il faut faire plus, de façon à ce que les populations locales soient mieux préparées pour y faire face".
    
Idai et Kenneth peuvent-ils aider le pays ?
"Être au cœur de l'actualité peut aider mais il est à craindre que cet intérêt disparaisse sitôt passée l'urgence. Ce que j'espère, et je le tiens d'organisations qui sont venues dans le pays pour la première fois, c'est que cet élan d'assistance se poursuive par des projets à long terme.

Le gouvernement affirme que cinq années seront nécessaires pour reconstruire et nous ramener au niveau où nous étions avant, qui n'était pas - il faut le dire - très élevé. Nous avons donc vraiment besoin d'une aide dans la durée. J'espère donc que les ONG et les institutions qui en ont les moyens vont commencer sérieusement à accorder au Mozambique l'aide dont il a besoin. Et pas seulement lui accorder des prêts: nous n'avons pas besoin de plus de prêts".
 

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