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Le musicien martiniquais Gérald Toto retrouve Lokua Kanza et Richard Bona dans l’album "Bondeko"

Treize ans après leur premier opus, Gérald Toto, Lokua Kanza et Richard Bona sont de nouveau réunis dans l’album "Bondeko". Un petit joyau de raffinement mélodique pour une rencontre entre la Martinique et l’Afrique.

De gauche à droite, Gérald Toto, Lokua Kanza et Richard Bona. © Manuel Lagos
© Manuel Lagos De gauche à droite, Gérald Toto, Lokua Kanza et Richard Bona.
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
« J’ai eu le privilège de partager deux albums avec deux des plus grands musiciens actuels du continent africain », confie Gérald Toto à La1ere.fr. Treize ans après « Lisanga », sorti en 2004, le guitariste et chanteur martiniquais retrouve avec bonheur les célèbres multi-instrumentistes Lokua Kanza et Richard Bona, respectivement originaires du Congo (RDC) et du Cameroun. Leur nouvel album, intitulé « Bondeko », qui signifie « fraternité » en langue lingala, est un pur bonheur alliant subtilité harmonique et délicatesse vocale.

« On s’est retrouvé différents, mais on avait cœur à partager nos chemins », précise Gérald Toto. « Nous avons tous un sens épicurien de la vie, et c’était marrant de partager nos anecdotes. On a beaucoup ri. Musicalement nous sommes en résonance, c’est un état de grâce. Je souhaite ça à n’importe quel artiste. »

Projet atypique

L’album est au confluent de multiples influences, principalement africaine et antillaise, avec beaucoup d’importance donnée aux voix – en créole, lingala et douala – et aux percussions. Un projet atypique, et qui échappe à toute catégorisation. « Nous sommes totalement émancipés des grilles de lecture, tant mercantiles que culturelles. Nous n’avons pas besoin de nous définir par rapport à d’autres styles de musique. Nous sommes ancrés, nous avons nos propres fondamentaux. C’est avant tout la musique de trois artistes qui se retrouvent », souligne le guitariste martiniquais.
"Bondeko"

« Certains aspects étaient nés de notre première rencontre, notamment un aspect de ‘panafricanité’, quelque chose qui transcende nos cultures respectives. Je précise que marier nos cultures ne veut pas dire les perdre. C’est encore plus le cas dans ce deuxième album où il y a du tambour bèlè par exemple. Je voulais mettre cela en résonnance avec les cultures africaines de Richard et Lokua. De même le créole est plus présent cette fois-ci. Et finalement tout cela est parfaitement naturel, il n’y a pas de distorsion. C’est là que les passerelles sont faites, que les filiations apparaissent, sans tenir un discours revendicateur. Cela va de soi de part et d’autre de l’Atlantique. »

"Je sais où sont mes racines"

« Je n’ai pas besoin de me présenter au continent africain en cherchant à être adoubé de quoi que ce soit », ajoute l’artiste. « Je ne suis pas en quête de reconnaissance ni de racines particulières. Je sais où sont mes racines, en Martinique. Et tout va très bien. De toute part en Afrique, ça leur convient parfaitement. On est loin du retour aux sources des années soixante-dix. Je ne dis pas que c’était un tort mais seulement que ce n’est pas la même démarche. Je me présente sans enjeu particulier, si ce n’est l’enjeu artistique ».

A peine achevé « Bondeko », Gérald Toto termine actuellement l’enregistrement en solo d’un album à paraître en 2018, qui s’intitule « Sway », dans lequel il joue tous les instruments. On attend avec impatience d’écouter les nouvelles compositions de ce talentueux musicien. 

“Bondeko”, par Gérald Toto, Richard Bona et Lokua Kanza – No Format/Sony Music (novembre 2017).

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