"#Mytho" : sur internet, Scotty et Maïssa décryptent les fausses infos en vidéo

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Maïssa et Scotty à l'affiche de #Mytho. ©#Mytho / Zebra Production
Deux Ultramarins décryptent la propagation de fausses nouvelles sur internet. Une initiative de l'association "Lumières sur l'info" qui vise à donner aux jeunes les clés pour vérifier l'information par eux-mêmes. Du Covid-19 aux Ouïghours, zoom sur ce projet qui tacle la désinformation sans brocarder les ados.

Ce lundi 22 mars démarre la 32e semaine de la presse à l'école. Une initiative annuelle qui vise à aider les élèves à mieux comprendre les médias et à développer un esprit critique face au flot continu d'informations. Tout au long de l'année, d'autres projets viennent appuyer cette initiative citoyenne du CLEMI, le Centre pour l'éducation aux médias et à l'information. Ainsi, depuis l'été dernier, les vidéos "#Mytho" de deux jeunes ultramarins fleurissent sur internet : sur une chaîne youtube et un compte Instagram notamment "anti-fake news", ils décryptent des sujets d'actualité.

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Maïssa, 17 ans, et Scotty, 23 ans, chassent les fausses informations sur les réseaux sociaux. ©#Mytho / Zebra Production

L'info pour les jeunes par les jeunes

Scotty Bernard, Guyanais de 23 ans, et Maïssa Diawara, lycéenne de 17 ans qui plonge ses racines dans l'Hexagone, le Mali et la Martinique, animent ces modules à destination d'un public de 13 à 17 ans en priorité. "On reçoit un flot d'informations et on n'a pas toujours les outils pour trier (...) Alors on donne la méthodologie aux plus jeunes pour ne pas se laisser manipuler par tous ces gens qui propagent ces fake news", résume Scotty que ses deux petites sœurs sollicitent désormais régulièrement pour vérifier avec lui des infos. "On a noué de nouvelles relations, j'ai réussi à aiguiser leur sens critique."

D'après une enquête de Médiamétrie en 2018, les réseaux sociaux sont le premier moyen d'information des jeunes ; ils sont utilisés quotidiennement par 71% d'entre eux. L'association "Lumières sur l'info" se mobilise contre la propagation des fausses informations sur internet avec des interventions dans des établissements de banlieue parisienne et la réalisation des modules vidéos de 5 à 10 minutes produits par Zebra Production. Dans un décor de chambre d'ado, Scotty et Maïssa analysent et commentent des posts qui circulent dans leurs univers respectifs, sur les réseaux sociaux dont ils sont de grands consommateurs, eux-mêmes aussi victimes parfois de vidéo partagées par erreur, par ignorance ou par volonté de nuire.

Une méthodologie pour les 17 - 23 ans

Dans la "vraie vie", comme dans les vidéos, le duo Maïssa-Scotty pétille. Maïssa, 17 ans, lycéenne de 1ère, "tout le temps sur les réseaux sociaux" reconnaît-elle, apporte la fraîcheur et la naïveté des ados qui découvrent des infos toutes plus surprenantes les unes que les autres. Ses sujets de prédilection? "Je suis très people, stars…" Assis à côté d'elle sur un canapé, Scotty est "le grand frère", plutôt attiré par le sport et qui apporte un regard plus acéré du haut de ses 23 ans. "Entre 17 et 23 ans, il y a quand même un écart, sourit Scotty. Je suis déjà vieux sur les bords, par exemple sur TikTok. Je ne suis pas de cette génération, elle m'apprend à utiliser TikTok. Et moi, je lui explique certains phénomènes qu'elle ne comprend pas." Le courant passe, les vidéos sont pertinentes et intéressent jusqu'à "un public d'adultes", affirme Scotty, alors que Maïssa est encouragée par ses professeurs séduits par le concept : "Ils me disent qu'ils sont contents de ce que je fais, qu'il faut que je continue, qu'ils ont trouvé ça très intéressant."

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Maïssa et Scotty enregistrent ensemble une vidéo de la série "Mytho" toutes les trois semaines. ©"#Mytho" / Zebra produciton

Tous les deux sont comédiens. Lui en a fait son activité il y a quatre ans et enchainé des pubs, des séries, des courts et longs métrages. Elle se présente à des castings pour des rôles de figurantes quand son emploi du temps de lycéenne le lui permet. "Il faut que j'arrive à tout caler, dès que j'ai une petite minute je révise, je fais des fiches, c'est juste de l'organisation!" Tous les deux participent activement aux choix des contenus et au travail éditorial de "#Mytho", aidés par une journaliste et une réalisatrice, depuis la réflexion autour des thèmes à traiter jusqu'au tournage, en passant par le travail d'analyse, de décryptage, de traçage du sujet.

L'univers des ados et jeunes adultes

L'été dernier, Scotty repère une polémique sur Twitter qui prétend que des prédateurs sexuels accrocheraient des "cravate-zips" (serre-câbles en français) à leurs rétroviseurs pour attirer attention de femmes et les kidnapper ou abuser d'elles. "J'y avais vraiment cru à cette histoire et j'en avais parlé à Aurore. Et pile au même moment, cette polémique a refait surface." Tout part d'une photo et d'un message postés sur le réseau social, retweetés près de 17 000 fois. Le duo remonte l'info, retrouve le compte qui l'a partagée en premier, les articles qui ont évoqué l'affaire…Objectif : montrer pas à pas la démarche pour s'assurer de la véracité des faits avant de partager et propager de fausses informations. Et ça marche : "J'étais vraiment tombé dans le panneau de l'affaire de la cravate-zip!", conclut Scotty.

Le projet "#Mytho" s'inspire de la chaîne de radio/télé/internet "Tarmac" lancée par la RTBF en Belgique et qui comporte un module d'info quotidien de trois minutes "IzyNews" de décryptage des infos à destination des jeunes. Autres inspirations : HugoDécrypte, Konbini… Une vidéo "#Mytho" est postée chaque mois. Scotty poste également chaque mercredi sur une "mytho-trottoir". À cela, viennent s'ajouter les MPM, "Mytho / Pas Myhto" des sondages postés en story Instagram comme par exemple : "Les requins tuent plus que les noix de coco. Mytho / Pas mytho?" Vous pensez connaître la réponse? Scotty et Maïssa vous proposent des dizaines d'autres colles et les réponses par ici.