Le nickel (calédonien) est "inoxydable", les usines chinoises redémarrent

chronique économique
SLN 25 fer et nickel Eramet A. Jeannin
Alliage de ferronickel calédonien SLN25 [Eramet] pour l'acier inoxydable ©Alain Jeannin
Face à la pandémie, les plans de sauvegarde de l'activité et des salariés sont opérationnels, du Canada à la Nouvelle-Calédonie. Le cours du nickel a baissé, mais bien moins que pendant la crise de 2015. Il résiste et à même terminé la semaine en hausse.
 
Le cours du nickel a dépassé les 11.400 dollars/tonne vendredi à la clôture des échanges sur la plateforme électronique LMEselect. La Chine redémarre et elle consomme la moitié du nickel produit dans le monde et en Nouvelle-Calédonie.

La Chine redémarre
L’attention des négociants en métaux s’est quelque peu détournée de la demande en baisse pour se concentrer sur les contraintes d’approvisionnement des usines chinoises, et notamment en nickel, en raison de la diminution de la production mondiale. Sur le marché des changes, "le dollar s’est détendu pour la quatrième journée consécutive, rendant les achats de métaux industriels moins chers pour les détenteurs d’autres devises, et notamment pour la Chine" a précisé Anna Stablum, analyste des marchés asiatiques pour Marex Spectron.

Signaux positifs
La sidérurgie chinoise de l’acier inoxydable envoie des signaux positifs. Comme le remarque un analyste londonien, les aciéries chinoises, les premières au monde, sont situées loin de la province de Wuhan. Elles sont restées dynamiques malgré la crise et ont continué d’importer du ferronickel calédonien, confirmant les propos du premier producteur mondial. "Nous continuons d’exporter le ferronickel de la SLN" a confirmé, en début de semaine, un responsable d’Eramet. Le prix du minerai de fer, est passé de 95 dollars la tonne, avant le nouvel an chinois, puis à 80 dollars au moment des fêtes, et 90 dollars actuellement, il tient bon. C’est un atout pour l’industrie du ferronickel en Nouvelle-Calédonie puisque le fer contenu dans les alliages SLN et KNS n’est pas facturé aux importateurs chinois qui ne paient que le nickel contenu. "Nous assistons à une couverture stratégique des consommateurs de nickel qui profitent de prix attractifs" a précisé Alastair Monro, un autre analyste, cette fois à la City de Londres.

Le choc est derrière nous
Dans une interview accordée à l’Usine Nouvelle, le directeur de l’activité négoce de métaux d’Oddo BHF, Antoine Chacun, a déclaré :"sur les métaux, non-ferreux, le principal choc sur la Chine est derrière nous". Et la Chine est le premier importateur de minerai et de ferronickel calédonien. C’est elle qui a le plus gros impact sur les cours du nickel.

Mesures de soutien sans précédent
La Bourse des métaux de Londres, comme la plupart des places boursières de la planète, a été rassurée par les mesures de soutien aux entreprises et au monde du travail prises par la Réserve fédérale et le gouvernement américain. Des millions de milliards de dollars ont été déversés pour soutenir l’économie de la première puissance mondiale. En Europe, la Banque centrale autorise désormais chaque pays à financer ses propres programmes d’aides. Les banques vont pouvoir prêter aux entreprises et ces prêts sont garantis par l’Etat, lui-même financé par la BCE, indique le quotidien Les Echos. Une initiative forte qui devrait soutenir le secteur industriel et tout particulièrement celui des métaux de la transition énergétique.

Cours du nickel sur la plateforme LMEselect : 
11.415 dollars/tonne + 1,74 %. Sur 5 jours + 0,75 %.