Nickel : de la Nouvelle-Calédonie à l’Australie, Posco veut avoir bonne mine

nickel
NICKEL
La vie et rien d'autre. Devant un site industriel en Corée du Sud ©MARK RALSTON AFP

Le conglomérat sud-coréen souhaite étendre son activité au secteur du nickel destiné aux batteries électriques. Posco l’a déclaré lors d'une conférence téléphonique le 28 janvier. Il compte investir en Australie. Posco est aussi un acteur important du nickel de la Nouvelle-Calédonie.

Le géant coréen de l’acier inoxydable s’est associé en 2006 avec la compagnie minière calédonienne SMSP pour former la SNNC, l’un des leaders asiatiques de la production de ferronickel. Le minerai est transformé en chips de métal dans une usine moderne située à Gwangyang, au sein d’un grand complexe industriel et sidérurgique dans le sud de la péninsule coréenne.

Posco entend désormais se développer dans la production d’un autre nickel, celui des batteries destinées aux voitures électriques. Et il semble avoir choisi de le faire en Australie, et non en Indonésie où le terrain minier est déjà occupé par des investisseurs chinois agissant au sein de coentreprises locales.

NICKEL
Chantier d'une usine de nickel pour les batteries électriques en Indonésie ©AFP

Tandis que la grande usine du Sud en Nouvelle-Calédonie est à l’arrêt et que son avenir est encore incertain, l’Indonésie fait feu de tout bois dans la construction de sites industriels concurrents. L’agence financière Bloomberg a annoncé que la capacité du pays triplerait d’ici 2025 et qu’elle atteindrait 257.000 tonnes par an de nickel de classe 1 (qualité batterie). L’Union européenne a saisi l’OMC pour concurrence déloyale.

De son côté, la Chine a produit 77.800 tonnes de sulfate de nickel pour les batteries électriques le mois dernier, en hausse de 6,1 % par rapport au mois précédent et de 64 % par rapport à 2019 a rapporté le site d’information financier chinois SMM. La demande de sulfate a été forte dans un contexte d'approvisionnement restreint avant le Nouvel An chinois.

NICKEL
Usine chinoise de production de véhicules électriques ©AFP

Dans cette bataille pour le contrôle du nickel électrique, le coréen Posco a donc réagi. Il envisage d'acquérir une grande mine de nickel en Australie. Le minerai serait transformé dans une nouvelle usine hydro métallurgique et toujours sur la vaste zone industrielle de Gwangyang. S’y ajouterait une usine de transformation de lithium, également destinée aux batteries des voitures électriques.

"Nous allons sécuriser le nickel en recyclant les piles usagées", a déclaré un responsable de POSCO. "Nous envisageons également d'acquérir des participations dans des mines de nickel en Australie". Le groupe sud-coréen est déjà présent dans des activités minières locales telles que le minerai de fer et le charbon. Alors, le nickel australien de qualité batterie est-il le prochain objectif de Posco ? "Les coréens sont des gens sérieux et ils savent faire" a commenté Philippe Chalmin, expert mondialement reconnu des matières premières.

NICKEL
Une mine en Australie ©AFP

LME

La semaine passée a été plutôt négative pour le nickel, même si les volumes échangés sont restés importants.  Dans un coin sombre d’internet, "la communauté mondiale Reddit, regroupant près d’un million de petits spéculateurs, a ciblé le marché de l’argent délaissant provisoirement les métaux industriels" a indiqué le négociant industriel britannique Marex Spectron. Par ailleurs, la banque centrale chinoise a resserré ses liquidités et les bénéfices de Tesla ont été jugés décevants pour le secteur du marché des voitures électriques et des batteries au nickel.

Cours du nickel au LME de Londres, le 29/01/2021 après la clôture : 17.675 dollars/tonne -0,67 %. Semaine –2,88 %. Un mois +6,56 %