Nouvelle-Calédonie: les indépendantistes "confiants" avant le référendum

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FLNKS : conférence débat du 17 octobre 2018
Une conférence débat du 17 octobre 2018 à l'université ©la1ere
Les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie se disent "confiants" à un peu plus de deux semaines du référendum d'autodétermination du 4 novembre. Les dirigeants du FLNKS ont déclaré mercredi que "l'indépendance ne [serait] pas un saut dans le vide".
 
Temps fort de la campagne des indépendantistes, les ténors du FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste), pour la plupart signataires des accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) animaient mercredi soir à Nouméa une conférence-débat,en présence de quelque 200 personnes. Le député indépendantiste de Polynésie française, Moethai Brotherson, était également à leurs côtés.    
 

"Il n'y a pas de saut dans le vide"

   "Nous sommes là pour dire :n'ayons pas peur de la pleine souveraineté. Nous sommes déjà un pays quasi-indépendant, nous exerçons de nombreuses compétences et il n'y a donc pas de saut dans le vide", a déclaré Paul Néaouytine, président de la province Nord et chef de file du Palika (FLNKS).     
 
"Nous sommes sereins et nous nous adressons à tous ceux qui sont sur la liste électorale référendaire (soumise à restrictions, ndlr) en leur disant : c'est votre pays, on a des choses à partager entre Calédoniens", a-t-il également indiqué, rappelant que dans l'Accord de Nouméa, "l'Etat reconnaît la vocation de la Nouvelle-Calédonie à la pleine émancipation".

Largement autonome, l'archipel détient les pouvoirs dans tous les domaines, à l'exception du régalien (justice, défense, ordre public, monnaie, affaires étrangères) et de trois compétences (audiovisuel, contrôle de légalité, enseignement supérieur), en discussion.  
  

Référendum le 4 novembre

Si le "Oui" à l'indépendance devait l'emporter le 4 novembre, ce qu'aucun sondage n'annonce, le FLNKS prône une période de transition, permettant "d'élaborer un partenariat entre le nouvel Etat - Kanaky-Nouvelle-Calédonie - et la France". Actuellement, les transfert financiers de l'Etat à l'archipel s'élèvent à environ 1,3 milliard d'euros par an.

"On est confiant, on a eu 30 ans pour se préparer à l'indépendance. Il y a eu des avancées significatives dont il faut se servir pour se projeter vers l'avenir. Le statu quo est une impasse", a de son côté souligné Roch Wamytan, chef du groupe FLNKS et nationaliste au Congrés.     

M. Néaoutyine a en outre répété que le droit à l'autodétermination était inscrit dans l'accord de Nouméa, dans la constitution française et dans le droit international, alors que la Nouvelle-Calédonie est depuis 1986 inscrite
sur la liste des pays et territoires à décoloniser de l'ONU.     

Si le "Non" l'emporte, le FLNKS souhaite, conformément à ce que prévoit l'accord de Nouméa, qu'un deuxième puis un troisième référendum d'autodétermination soient organisés d'ici au minimum 2022.