Nouvelle-Calédonie: les indépendantistes demandent le report du deuxième référendum sur l'indépendance

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Référendum, bulletins, 18 octobre 2018
©NC la 1ère / Françoise Tromeur
Les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie sont favorables à un report du deuxième référendum sur l'indépendance prévu le 6 septembre prochain, en raison des perturbations liées à la crise du coronavirus. Les anti-indépendantistes s'y opposent.
 "Il est clair que le calendrier initial est un peu chamboulé. Le deuxième tour des municipales aura lieu en juin alors qu'on devait en avoir terminé en mars", a déclaré à l'AFP Louis Mapou, chef du groupe UNI (Union nationale pour l'indépendance-FLNKS) au Congrès. La date du 6 septembre pour organiser le deuxième référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, dans le cadre du processus de décolonisation de l'accord de Nouméa, a été fixée après un consensus entre loyalistes et indépendantistes, en fin d'année dernière.       
  
 "Moi je suis favorable à un report de deux mois, à fin octobre, compte tenu d'une part de la pandémie et d'autre part du report des municipales. Nous voulons éviter qu'il y ait un chevauchement entre les campagnes", a pour sa part indiqué Victor Tutugoro, figure historique du FLNKS et élu territorial.       
    
La question sera à l'ordre du jour d'une réunion vendredi du bureau politique élargi de la coalition indépendantiste. "Tout le monde veut repousser", a précisé à l'AFP une source interne.       
    

Les non-indépendantistes y sont opposés

Présidente de la province Sud, Sonia Backès, membre de la droite non indépendantiste, est en revanche fermement opposée à cette demande dont elle a indiqué avoir pris connaissance par le Premier ministre, lors d'un échange téléphonique. Lundi soir, Edouard Philippe s'est tour à tour entretenu avec six dirigeants politiques de Nouvelle-Calédonie. "On a donné notre parole pour le 6 septembre, on ne souhaite pas du tout reporter", a-t-elle déclaré à l'AFP, accusant les indépendantistes de "posture pour faire pression sur l'Etat".        
    

Contexte politique tendu

Ces dissenssions sur la date du scrutin référendaire interviennent dans un contexte politique déjà tendu. Lundi, dans une "lettre ouverte aux citoyens calédoniens", Daniel Goa, président de l'Union Calédonienne, l'une des principales formations du FLNKS, a "officiellement demandé le renvoi du haut-commissaire (préfet) et de ses équipes ainsi que celui du commandant des forces armées".       
    
Le leader kanak a violemment mis en cause "la vision jacobine de la gestion de la crise du coronavirus par l'Etat" et l'a qualifié de "partisan et déloyal". Il a aussi accusé l'armée de ne pas respecter le protocole de quarantaine à l'arrivée à Nouméa. Dans un communiqué, Le Rassemblement-LR a dénoncé "une manoeuvre politicienne" tandis que Sonia Backès a fustigé "une entreprise de destabilisation" de la Nouvelle-Calédonie.
 
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