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Nouvelle-Calédonie: les loyalistes veulent le deuxième vote sur l'indépendance

référendum province sud
Front loyaliste (Brial, Backès, Santa)
©Sheïma Riahi
La liste d'union des partis proches de LR, en lice pour les provinciales du 12 mai en Nouvelle-Calédonie, veut organiser "au plus tôt" le deuxième référendum sur l'indépendance prévu par l'accord de Nouméa pour "sortir de l'incertitude", ont indiqué jeudi ses leaders.
"L'incertitude et le doute pèsent lourdement sur notre économie et sur notre vivre-ensemble. On doit donc déclencher le plus rapidement possible cette deuxième consultation", a déclaré à la presse Sonia Backès, tête de liste L'Avenir en confiance, qui regroupe trois formations proches des Républicains.     
 

"Victoire psychologique"

Dans le cadre du processus de décolonisation en cours, un premier référendum d'autodétermination a eu lieu le 4 novembre 2018 et a été remporté par les pro-français (56,7%). Ces derniers ont obtenu une victoire nette, mais très en deça de leurs attentes et des prévisions des sondages.  
  

Les indépendantistes essaient de transformer une défaite électorale en victoire psychologique, mais on peut inverser la dynamique car il y a eu 17.000 abstentionnistes en novembre, plutôt dans le camp loyaliste. La marge de progression est chez nous.
- Sonia  Backès       

 

Accord de Nouméa

Les élections provinciales du 12 mai ouvriront l'ultime mandat de l'accord de Nouméa (2019-2024). En vertu de ce texte, à la demande d'un tiers des élus du Congrès (18 sur 54) un deuxième puis un troisième référendum peuvent être organisés en 2020 et 2022.      

"Si on dispose d'assez d'élus, on déclenchera tout de suite le deuxième référendum pour qu'il ait lieu dès début 2020. Ca nous fera gagner 6 à 8 mois par rapport aux indépendantistes, qui veulent prendre leur temps", a déclaré Gil Brial, quatrième de liste. Les candidats de L'Avenir en confiance veulent inscrire "définitivement la Nouvelle-Calédonie dans la République française comme le souhaite la majorité des Calédoniens".   

"La seule manière d'éviter les référendums serait d'accepter l'indépendance-association que réclament les indépendantistes. On n'est pas prêt à ça, le prix à payer est trop cher", ont également déclaré les colistiers de L'Avenir en confiance. Cette mouvance compte actuellement 14 élus au Congrès, contre 15 pour son rival loyaliste, Calédonie ensemble. Les indépendantistes ont 25 sièges.
 

Horizon 2020

Calédonie ensemble a réagi après les propos de Sonia Backès, estimant qu'"référendum ne s'organise pas comme un dîner en ville" et représenterait une "impasse politique". Rappelant les différentes étapes d'organisation d'un tel vote, de la constitutions des trois listes électorales à l'établissement des bureaux de vote délocalisés, le parti loyaliste explique dans un communiqué que le second référendum "ne pourra pas être organisé avant le dernier trimestre de l'année 2020" et le troisième, pas avant "le second trimestre 2022".
 

Inutile d’engager deux référendums supplémentaires en 2020 et 2022 pour avoir 2 « non » supplémentaires, qui n’apporteront rien et qui seront générateurs d’oppositions entre Calédoniens, et de tensions sociales et ethniques. (...) Par les incertitudes qu’ils font peser, ces deux référendums supplémentaires seraient désastreux pour notre activité économique. En pareilles circonstances, la réaction du corps social est toujours la même : la fuite des capitaux s’accélérera, les investissements des entreprises seront différés et la consommation des ménages sera en berne. Cette situation impactera lourdement à la fois la croissance économique et la création d’emplois.
- Calédonie ensemble

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