Nouvelle-Calédonie : "la SLN doit gagner la bataille du nickel", affirme Christel Bories, présidente du groupe Eramet

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Engins sur mine SLN Eramet
Transport du minerai de nickel dans l'usine de nickel SLN de Doniambo en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Le fleuron métallurgique français Eramet a annoncé mercredi avoir subi une perte nette de 184 millions d'euros en 2019, en raison d'une "conjoncture mondiale dégradée et volatile", malgré une fragile amélioration dans le nickel en Nouvelle-Calédonie. Christel Bories, la PDG du groupe s'explique.
 
Le groupe Eramet, qui avait dégagé en 2018 un bénéfice net de 53 millions d'euros, a vu son chiffre d'affaires reculer (-4 %) à 3,671 milliards d'euros, malgré une production record dans les mines calédoniennes, a précisé le groupe dans un communiqué. Le chiffre d’affaires de la SLN affiche une hausse de 5 %. Le berceau mondial de l’industrie du nickel lutte encore pour sa survie. (Lire le rapport financier Eramet 2019)

"Si nous avions pu alimenter correctement l’usine de Doniambo, la SLN aurait gagné de l’argent et le résultat serait bien meilleur" a précisé lors d’une interview la PDG d’Eramet Christel Bories, qui a ajouté, "la production de ferronickel est en baisse de 13 %; heureusement, il y une forte hausse de la production et de l'exportation minière".

Face au dumping indonésien
Parmi les facteurs ayant joué négativement sur les résultats de la SLN "des mouvements sociaux en début d’année et des dégradations de sites miniers" qui ont contrarié le redressement du plus ancien producteur de nickel au monde. S’y ajoute, en fin d’année, le dumping indonésien qui a inondé le marché d’un alliage à bas coûts, mais qui "oblige la SLN à vendre son alliage de ferronickel de haute qualité sous le cours du nickel au LME" a poursuivi Christel Bories, confirmant une information d'Outre-mer La 1ere et du Metal Bulletin de Londres.

Tout dépend de la Chine...
L'entreprise calédonienne a néanmoins enregistré des records opérationnels, avec une production de 1,6 million de tonnes de nickel en Nouvelle-Calédonie. "La Chine est le principal consommateur de nickel calédonien " au monde, a encore rappelé Christel Bories, qui ne peut toutefois exclure un possible impact de l'épidémie de coronavirus sur l'activité de la SLN. "Pas pour le moment, nos cargaisons sont livrées, mais il est trop tôt pour en dire plus".

Et de la transition énergétique
Dans ce contexte, la PDG d’Eramet a résumé les enjeux du nickel par ces mots : "Le modèle SLN ne peut fonctionner que s’il marche sur ses deux pieds, la mine et l’usine, car le temps est compté", a averti Christel Bories. Avant de conclure, "le nickel fait partie de la solution dans la transition énergétique, la SLN va transformer sa source d’énergie dans une énergie qui sera plus propre. Tout ce que nous mettons en place en Nouvelle-Calédonie positionne très bien la SLN dans le champ mondial qui va réclamer de plus en plus de responsabilité sociétale et environnementale dans la production du nickel. La SLN va répondre à ces défis". 

Horizon 2022
La Bourse des métaux de Londres et la Commission européenne ont décidé d’imposer, à partir de 2022, une traçabilité des métaux industriels, afin de contrôler leur origine et de faire respecter de nouvelles normes sociales, humaines et environnementales. Cette charte pour des métaux éthiques constituerait une bouffée d’oxygène pour les producteurs les plus vertueux, comme la SLN, KNS ou VNC en Nouvelle-Calédonie. 
 
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