"Panthéon des Oubliés" : une statue rend hommage à des figures des Outre-mer peu connues dans l'Hexagone

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"Panthéon des oubliés"
Jane Nardal (en haut), Paulette Nardal (au centre) et Suzanne Césaire (en bas) font partie des personnalités qui apparaîtront dans l'œuvre de Gregos. ©Benjamin Mengelle / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP - Catherine Marceline
L’association SOS Racisme dévoile ce dimanche, place de la République à Paris, une statue, sur laquelle défileront les noms et visages des femmes et des hommes qui ont marqué l’Histoire, mais dont le nom n’est pas connu ou à tendance à s’effacer. Parmi ces personnes, des Ultramarins.

"Ce Panthéon des oubliés, c’est pour dire que la question des représentations dans l’espace public est une question périlleuse (…) et que notre Panthéon est bien plus grand que ce qu’on croit", indique Dominique Sopo, président de l’association antiraciste. Pour donner vie à ce Panthéon, le street artist Gregos, homme engagé qui a beaucoup travaillé sur les visages, a réalisé une statue culminant à plus de deux mètres. Un écran intégré dévoilera les noms et portraits des personnalités retenues.

Des figures des Outre-mer qui ressortent du passé

Parmi ces "oubliés", certains personnalités sont réapparues récemment dans l'espace public. C'est le cas de Paulette Nardal - première femme noire à étudier à la Sorbonne, et de sa sœur Jane - première femme noire agrégée de lettres classiques. Depuis 2019, un passage porte leur nom dans le 14e arrondissement de Paris. Les deux Martiniquaises font partie de ce "Panthéons des Oubliés".

Et il y aura d’autres figutres des Outre-mer, indique Dominique Sopo à Outre-mer la 1ère : "Suzanne Césaire, qui a beaucoup apporté à la littérature des Antilles. Mais aussi la mulâtresse Solitude, qui s’est battue aux côtés de Louis Delgrès contre le rétablissement de l’esclavage par Napoléon." Il ajoute : "on pourrait en citer beaucoup d’autres. Les Antilles, c’est un monde extrêmement riche de relations à la France, de combats d’émancipation et d’apports culturels évidents."

"Un Panthéon mental"

"Tout le monde ne rentrera pas au Panthéon, mais il faut avoir un très grand Panthéon mental, (…) montrer que c’est ça qui a permis de construire la France", précise le président de l’association. Le but avoué étant d’amener dans la rue, la question de la représentation, de pouvoir en discuter et ainsi faire des choix partagés.

D’autres associations ont participé à l’établissement de la liste comme l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), SOS Homophobie ou encore l’Association des jeunes chinois de France (AJCF).

La statue sera dévoilée dimanche 19 septembre à 15h, place de la République à Paris. Puis elle circulera dans plusieurs arrondissements de la capitale et d'autres villes de France comme Saint-Ouen (93) ou Sarcelles (95) jusqu’au 30 novembre, date de l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker. Quant à savoir si elle pourra voyager jusqu’aux Outre-mer, le président de SOS Racisme a précisé que c’est "envisageable, avec grand plaisir et avec fierté", si des villes en font la demande.