Le patron d'Air Caraïbes dénonce les délais d'attente aux contrôles d'immigration à Orly-Sud

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Marc Rochet
Marc Rochet, président du directoire d'Air Caraïbes ©Eric Piermont AFP
Marc Rochet, président de la compagnie aérienne Air Caraïbes, dénonce que les délais d'attente aux contrôles de la police aux frontières (PAF) d'Orly-Sud ont atteint "un niveau extrêmement critique" depuis deux semaines. Selon lui, ils provoquent "de nombreux troubles à l'ordre public".
Le président de la compagnie aérienne Air Caraïbes, Marc Rochet, a affirmé, vendredi 30 juin, que les délais d'attente aux contrôles de la police aux frontières (PAF) d'Orly-Sud ont atteint "un niveau extrêmement critique" depuis deux semaines, provoquant "de nombreux troubles à l'ordre public".

Délais d'attente

"Depuis le 15 juin 2017, tous les jours ont connu un temps d'attente supérieur à 60 minutes pour les passagers, dont 9 jours avec un temps d'attente aux contrôles supérieur à 90 minutes", indique Marc Rochet dans un communiqué.

"En cette période estivale de fortes affluences, la situation (atteint) un niveau extrêmement critique, générant des perturbations aux conséquences alarmantes", ajoute-t-il, évoquant notamment un total de "320 heures de retard pour l'ensemble des vols internationaux" au départ du terminal sud de l'aéroport d'Orly.

"Troubles à l'ordre public"

Surtout, le patron d'Air Caraïbes fait état de "nombreux troubles à l'ordre public (...) tels que des mouvements de foule et des débuts d'émeute de passagers excédés d'être cantonnés dans les zones d'attente". "Il arrive que les gens s'impatientent, mais de là à parler d'émeutes...", a nuancé une source aéroportuaire jointe par l'AFP.

"Il y a énormément de monde, c'est certain, et des contrôles à faire, mais on est au maximum des effectifs déployés, on ne peut pas faire plus", a expliqué cette source.

Plus d'effectifs ?

Marc Rochet a alerté jeudi par courrier le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dont il "sollicite l'intervention", rappelant au passage "les besoins en effectifs supplémentaires de fonctionnaires" et la préférence des compagnies aériennes pour les "dispositifs automatisés à reconnaissance faciale", tels que les sas de contrôle des passeports Parafe.

Le groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens, signale dans une déclaration transmise à l'AFP qu'il "a décidé de financer à 100% autant de sas Parafe (sas de contrôle automatisés des passeports biomètriques) que nécessaire pour aider à la résolution du problème". Toutefois, "il s'agit d'une compétence exclusive de l'Etat", auprès duquel ADP "fait le maximum d'efforts (...) pour faire valider le passage à la technique de reconnaissance faciale, qui permettra de multiplier par huit" le nombre de contrôles automatiques.

Et Air France ?

Du côté d'Air France, dont les vols à Orly partent du terminal Ouest, on reconnaît que "l'encombrement récurrent des filtres de police des aéroports parisiens est un sujet majeur en cette période de grands départs". La principale compagnie française rappelle dans une déclaration transmise à l'AFP qu'elle demande à ses clients "d'anticiper leur arrivée à l'aéroport" de deux à trois heures.