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La photographie, une passion cachée de l’écrivain martiniquais Joseph Zobel

Joseph Zobel (décédé en 2006), est célèbre pour son oeuvre littéraire, notamment son roman porté à l'écran, "La Rue Cases-Nègres". On a découvert récemment que l'écrivain avait aussi été photographe. Une exposition est consacrée à cette production, au musée d'Alès, où il a longtemps vécu.

L'écrivain martiniquais Joseph Zobel dans sa jeunesse. © DR
© DR L'écrivain martiniquais Joseph Zobel dans sa jeunesse.
  • Par Bruno Sat
  • Publié le
Le Martiniquais Joseph Zobel, célèbre pour son oeuvre littéraire, s'est par ailleurs illustré dans divers domaines artistiques. Joseph Zobel était aussi connu, entre autres, comme peintre, sculpteur, potier, ou maître d'art floral japonais.On a découvert tout récemment que l'écrivain avait aussi été photographe. Une exposition est consacrée à cette production, au musée d'Alès, en Occitanie, où il a longtemps vécu. (Attention l’expo prend fin le 21 mai !) 

Des clichés découverts par hasard

Des clichés en format 6X6 découverts par hasard, après sa mort, comme le raconte sa petite fille, elle-même photographe, Charlotte Zobel : « C'était dans la cave dans une toute petite boîte en fer », raconte-t-elle. « Avec à peu près 900 à 1000 négatifs collés les uns avec les autres. Ça m'a permis de découvrir toute une facette de lui que je ne connaissais pas : notamment de le voir aussi jeune, de voir ses enfants si jeunes, sa femme ; c'était vraiment une fenêtre ouverte sur un monde inconnu. »

De 1946 à 1957, les photos de Joseph Zobel éclairent sur sa vie dans l'Hexagone. Les proches, mais aussi les Cévennes, dont le relief et la lumière lui rappelaient sa Martinique natale. Une région où il s'installera plus tard définitivement. L'homme, qui avait grandi dans une plantation, était proche des paysans cévenols.
"Joseph Zobel, photographe" (un reportage de Bruno Sat)

Pour Carole Hyza, conservatrice du musée d'Alès, « il y a vraiment une empathie et un bien-être dans ces photos. Les gens qui l'ont connu et qui voient ces photos, le retour qu'ils nous font, c'est que ça correspond tout à fait à la personne qu'il était ». Un regard bienveillant pour une prise de vue professionnelle. On songe parfois à du Doisneau. Comme sur des images d’élèves et de classes à Fontainebleau, où il était enseignant. D'autres clichés peuvent rappeler des toiles de maîtres. En particulier celui avec sa femme dans la cuisine qui dans sa structure, fait penser à la laitière de Vermeer. 

La photo a secondé l'écriture

Pour Charlotte Zobel, son grand-père était « un artiste qui allait au bout de chaque chose qu'il commençait ». De fait, Joseph Zobel regrettait de n'avoir pu faire les Beaux-Arts. La photo a donc certainement secondé l'écriture. Car la plume avait déjà pris le pas sur le pinceau pour reproduire des scènes de vie qui le fascinaient. C’est ainsi qu’il a écrit son premier roman, "Diab'la". Il s’en était expliqué très simplement : « Comme je n'avais pas étudié la peinture ni le dessin, il est arrivé un moment où je me suis rendu compte de mon impuissance à exprimer tout cela à le reproduire graphiquement. Et je me suis dit, bon ben puisque je dispose de mots, je peux écrire, alors donc, on va essayer de l'écrire, comme si je le dessinais. »

Après 1957, Joseph Zobel a longtemps vécu en Afrique, et semble avoir mis la photo en veilleuse. Par la suite, il s'est beaucoup consacré à des arts traditionnels, poterie, calligraphie, peinture... Il s'y sentait peut être plus libre. Ou simplement, cet homme aux passions multiples, a été pris à défaut par une variable incontournable : le temps.

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