Podcast. "L’Oreille est hardie" évoque Paulette Nardal, femme d’esprit et de chœur

culture
Une Nardal Catayée
Journaliste, militante, féministe, à l’avant-garde de la négritude voire à l’origine, la Martiniquaise Paulette Nardal était aussi musicienne dans l’âme et avait créé en 1954, la chorale "Joie de chanter". Son directeur, Jacques Catayée qui a bien connu Paulette Nardal est l’invité de "l’Oreille"…

Il avait à peine 16 ans quand sa route a croisé celle de Paulette Nardal. La chorale qu’il intègre et qu'avait fondée en 1954 la grande dame, ne s’appelait pas encore Joie de Chanter et cherchait à insérer parmi le chœur féminin des voix de jeunes hommes. Jacques Catayée avait déjà un timbre de basse. Des souvenirs inoubliables comme ceux-là, il lui en vient bon nombre quand il évoque Paulette Nardal. Dans l’Oreille est hardie, l’actuel directeur de la chorale Joie de chanter raconte celle dont on découvre plus largement la personnalité et l’aura depuis quelques années. Et elle mérite de sortir de cette ombre où la notoriété d'un Césaire et autre Senghor l’a trop longtemps plongée. 

paulette nardal clamart
A gauche, Paulette Nardal et ses soeurs au 7 rue Hébert à Clamart, circa 1931, autour de Léopold Sédar Senghor. ©Cybèles and Co

Le coeur de la négriture

Car au sortir de la Première guerre, elle fut l’une des premières femmes étudiantes noires à intégrer à Sorbonne mais ce sont surtout ses prises de position, sa militance pour la cause noire et ses écrits qui la distingueront par la suite. Et dans son salon de Clamart où elle réside et accueille bon nombre d’étudiants noirs - dont Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor -, elle distillera ses idées qui feront les fondations du mouvement de la négritude… sans en recevoir le moindre honneur. En tout cas, pas avant bien des années. Et Jacques Catayée, dans ses échanges avec "Tante Paulette" comme lui et d’autres l’appelaient affectueusement, recueillera en confidence ce qui visiblement était un poids sur son cœur.

Du choeur à l'ouvrage

La chorale Joie de chanter (bien dire : Joie de chanter, sans l'article "la" comme y tenait Paulette Nardal !) était l’une de ses grandes fiertés, à laquelle elle consacrait beaucoup d'attention de retour en Martinique. Sur le modèle des formations afro-américaines qu’elle appréciait tant, elle avait créé sa chorale qui a puisé dans un premier temps dans le répertoire des negro spirituals avant que Jacques Catayée, nommé à la tête de Joie de chanter en 1976, ne lui propose d’intégrer davantage d'airs antillais et caribéens. 

La chorale "Joie de chanter"
©marcalaindaniel.fr

Écoutez "l'Oreille est hardie"

Retour donc dans l'émission sur un pan de la vie de cette femme aux multiples facettes et sur l’un de ses héritages, cette chorale Joie de chanter qui célèbre en Martinique, ce mois-ci, son 68ème anniversaire.
Retrouvez Jacques Catayée - et Paulette Nardal - dans l’Oreille est hardie, c’est par ICI.
Ou par là :

"L'Oreille est hardie" avec Jacques Catayée