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Le Prix littéraire Fetkann Maryse Condé 2019 décerne ses prix, dont celui de la mémoire à Christiane Taubira pour "Nuit d’épine"

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Christiane Taubira
L'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira ©DR
La 16e édition du prix littéraire Fetkann Maryse Condé a récompensé ce jeudi du Prix de la mémoire l'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira pour son ouvrage "Nuit d’épine". Les Prix de la recherche et de la jeunesse vont respectivement à Anne Lafont, ainsi qu'à Katy François et Didier Duroc.
Le Prix littéraire Fetkann Maryse Condé, qui récompense chaque année les ouvrages, recueils, travaux de recherche ou essais qui favorisent le travail de mémoire des pays du sud et tout ce qui va dans le sens de la promotion de la dignité humaine en général, a décerné ses récompenses ce jeudi, à l’occasion de sa 16e édition.

Le Prix de la mémoire a été attribué à l'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira pour son ouvrage "Nuit d’épine". Dans ce récit autobiographique écrit à la première personne, l’ancienne ministre guyanaise raconte les moments de sa vie qui l’ont marquée. Pour cela, elle se révèle une formidable écrivaine, autant qu’elle est une fantastique oratrice, et une fine analyste de nos réalités sociopolitiques.
 

Mention spéciale du jury pour "Pwofitasyon"

Le Prix de la recherche récompense Anne Lafont, historienne de l’art, maître de conférences et directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), pour "L’art et la race. L’Africain (tout) contre l’œil des lumières" (Les Presses du réel). Dans ce livre, issu d’une recherche étalée sur plus de dix ans, l’auteur mène une réflexion stimulante sur les représentations des Noirs au XVIII e siècle. La psychologue Katy François et l’illustrateur Didier Duroc obtiennent quant à eux le Prix de la jeunesse pour "Sous le quenettier de Mamy Ayuda, apprentis sages" (éditions Belbalan). L’histoire d’un petit groupe d’enfants qui partent à la découverte de leur environnement en faisant appel à leurs sens.

Cette année, le Prix de la poésie n’a pas été attribué, mais une Mention spéciale du jury est allée à Pierre Odin pour son ouvrage "Pwofitasyon. Luttes syndicales et anticolonialisme en Guadeloupe et en Martinique" (éditions La Découverte). "Une mémoire contemporaine indispensable. Un événement historique. Le jury a voulu encourager les étudiants et chercheurs à laisser traces des événements marquants", selon celui-ci.
 

Christiane Taubira en académicienne ?

Les militants associatifs du CIFORDOM, l’organisateur du Prix Fetkann, lancent une pétition pour lancer l’idée. "L’Académie a grand besoin de personnes dont la préoccupation première n’est pas la conservation pure et simple de la langue mais la vie de la langue, son épanouissement et son usage, explique l’association. (…) Qui mieux que vous use de la langue avec une si admirable éloquence, une si insolente poésie et un engagement si profond ?" Une déclaration conclue par cette relation : "Ce n’est pas seulement la grande dame que vous êtes, ni son passé exemplaire qui entrerait sous la Coupole, (…) ce seraient aussi ces esclaves dont la réhabilitation dans la mémoire des hommes a tant de peine à se faire".

Que dit le règlement de l’Académie française ? "Les candidats notifient leur candidature par une lettre adressée au Secrétaire perpétuel. Il existe aussi une procédure de présentation de candidature posée par un ou plusieurs membres de l’Académie. L’usage veut que le candidat offre de rendre visite à chacun des académiciens. Certains d’entre eux acceptent, d’autres déclinent cette offre." Le CIFORDOM a annoncé la mise en ligne de la pétition prochainement.
 
©la1ere

 
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