Quid du Mémorial des victimes de l'esclavage à Paris ?

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Abolition esclavage
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Le 27 avril 2018, Emmanuel Macron s'était engagé à ériger un Mémorial National en hommage aux victimes de l'esclavage à Paris. Quatre ans après, une nouvelle convention a été signée entre le Gouvernement et plusieurs associations concernées.

Le Mémorial en hommage aux victimes de l'esclavage devrait enfin voir le jour au Jardin des Tuileries, à Paris. Graver les deux cent mille noms des derniers esclaves libérés en 1848 dans les colonies françaises sur un monument au cœur de la capitale, c'est la volonté du CM98, le Comité Marche du 23 Mai 1998. Ce collectif s'est battu pour que le 23 mai soit reconnu comme une date de commémoration nationale des victimes de l'esclavage tout comme le 10 mai, en référence à la loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité. Un combat gagné avec l'adoption de la loi sur l'égalité réelle en 2017. 

Les associations demandent que la mémoire des victimes de l'esclavage soit honorée, rappelée et gravée au cœur de la capitale. Cependant, le Mémorial est resté longtemps dans l'impasse. Lors du premier appel à projet en juin 2020, ni les artistes recommandés par le comité d’orientation, ni l'inscription des noms sur le monument n’avaient été validés par les ministères de la Culture et des Outremer, en charge de sa réalisation. Le projet présenté par les deux ministères ne correspondait pas non plus aux attentes des associations.

Le 27 avril 2018, Emmanuel Macron commémore le 170ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage
Le 27 avril 2018, Emmanuel Macron commémore le 170ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage ©AFP

Le Gouvernement s'engage à respecter le cahier des charges initial

Selon nos informations, une convention a finalement été signée le 3 février dernier entre le Ministère de la Culture et quatre associations œuvrant dans le domaine de l'histoire et de la généalogie : le CM98, le Collectif d’histoire de La Réunion, l'association des professeurs d’histoire- géographie de Guyane et l'association de généalogie de Martinique.

Le Gouvernement s'est engagé à respecter le cahier des charges initial qui prévoyait, notamment, l'inscription des noms des victimes de l'esclavage sur le monument. De leur côté, les associations ont pris l'engagement de fournir les deux cent mille noms qui apparaîtront sur ce Mémorial.

La balle est dans le camp du Gouvernement

Comité Marche 23 Mai 1998

Selon les termes de la convention, le Gouvernement doit lancer un nouvel appel d'offre pour choisir l'artiste qui réalisera l'œuvre.

A la veille du 23 mai, date de commémoration des victimes de l'esclavage, le CM98 attendait une annonce officielle sur ce Mémorial aux Jardin des Tuileries, une attente qui demeure, pour le moment, déçue.