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Racisme dans les stades en Europe : le président de l'UEFA a "honte"

Le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, a fait part mardi de sa "honte" après les récentes manifestations de racisme aperçues dans certains stades européens. Des dérives qui ne datent pas d'hier. 

Message anti-raciste affiché dans le stade de Leicester en Angleterre (2016). © OLI SCARFF / AFP
© OLI SCARFF / AFP Message anti-raciste affiché dans le stade de Leicester en Angleterre (2016).
  • La 1ère (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
Le racisme s'est une nouvelle fois invité dans un stade de football. Blaise Matuidi et Moise Kean, deux joueurs de la Juventus Turin ont été visés, mardi soir, par des cris racistes lors d'un match à Cagliari.

Fin mars, les stars anglaises Raheem Sterling, Danny Rose et Callum Hudson-Odoi ont subi des insultes racistes de la part de supporters monténégrins lors des éliminatoires de l'Euro-2020, tandis que l'Inter Milan, le Dinamo Zagreb et le Dynamo Kiev ont tous été sanctionnés par la fermeture totale ou partielle de leurs stades en raison du comportement raciste de certains supporters.
 

"J'ai honte"

"J'ai honte, j'ai honte, j'ai honte qu'en 2019, nous devions organiser une conférence pour promouvoir la diversité", a déclaré Ceferin à Wembley, à l'occasion de la première conférence "Equal Game" organisée pour aider à combattre les discriminations. "Il est inquiétant de voir les dirigeants mondiaux et les politiciens minimiser les incidents racistes et discriminatoires", a-t-il insisté.
© Andreas SOLARO / AFP
© Andreas SOLARO / AFP
De son côté, le président de la Fédération anglaise (FA) Greg Clarke a révélé que la FA était en train d'examiner ses procédures disciplinaires, afin de s'assurer que les allégations d'actes racistes fassent l'objet d'enquêtes plus minutieuses. "Aucun d'entre nous n'est assez naïf pour penser que le racisme n'existe pas, dans tous nos pays et dans tous nos matches. Il est clair qu'il faut faire davantage. Nous devons faire plus en Angleterre, et plus partout en Europe, et nous devons le faire ensemble. Nous devons mettre en place des actions concrètes", a affirmé Clarke.
 

Pour Lilian Thuram, "il faut chercher l’origine du racisme"

Interrogé, mardi, par une lycéenne sur le racisme dans le football, Lilian Thuram a évoqué "les « cris de singe » descendus, à quelques occasions, des travées des stades italiens", raconte le journal Le Parisien, dans son édition du jour. Des stades italiens qu'il a écumé de 1996 à 2006, alors qu'il était défenseur de Parme puis de la Juventus de Turin. 

L'ancien défenseur des Bleus, originaire de Guadeloupe, s'est confié, alors qu'il rencontrait des jeunes à Neuilly-sur-Seine, engagés dans le Cube, un projet pédagogique sur les Droits de l’Homme. Pour le Guadeloupéen, il faut "chercher l’origine du racisme, tenter de comprendre d’où il vient. C’est le meilleur moyen de lutter contre la reproduction des schémas de domination. Des blancs sur les noirs mais aussi des hommes sur les femmes…", poursuit-il dans les colonnes du quotidien. 
Lilian Thuram (ici en 2005) a joué à la Juventus de Turin, de 2001 à 2006. © PATRICK HERTZOG / AFP
© PATRICK HERTZOG / AFP Lilian Thuram (ici en 2005) a joué à la Juventus de Turin, de 2001 à 2006.
 

Arrêter les matches à la suite d'incidents racistes? 

Selon Greg Clarke, il est temps de réexaminer la procédure de l'UEFA en trois étapes pour arrêter les matches à la suite d'incidents racistes. Selon le règlement actuel, les arbitres peuvent arrêter, suspendre ou abandonner une rencontre si "le comportement raciste est d'une grande ampleur et d'une grande intensité". "Je ne pense pas que ce soit suffisant et nous devrions profiter de l'occasion pour revoir ces seuils", a insisté Clarke.
  
L'idée est partagée par Aleksander Ceferin. Le président de l'UEFA a expliqué que son instance allait demander aux arbitres de "ne pas avoir peur" d'arrêter les matches lorsqu'ils constateront des incidents racistes. "Dès qu'un match sera arrêté ou qu'il ne sera pas joué, je pense que 90% des gens normaux dans le stade auront envie de botter le cul de ces idiots. Nous sommes en 2019, pas il y a 100 ans. Nous reparlerons aux arbitres, nous leur dirons d'être confiants et de ne pas avoir peur d'agir", a estimé le Slovène.

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