[Reconfinés] Un Chanté Nwel en visioconférence pour ne pas oublier les traditions

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L'association Ethnick'97 a organisé un Chanté Nwel en visioconférence, suivi par des centaines de personnes dont la footballeuse martiniquaise Wendie Renard. ©Jean-Michel Mazerolle
Samedi 21 novembre 2020, une centaine d’ultramarins de l'Hexagone, de la Guadeloupe et de la Martinique ont Chanté Nwel sur internet. Réunis via écrans interposés au sein d’un webinaire, ils ont pu respecter cette tradition antillaise tout en restant chez eux.
Objectif : ne pas déroger à la tradition et ce malgré la crise sanitaire et le confinement ! L’initiative a été lancée par un groupe musical antillais de la banlieue sud de Paris. Et au regard du franc succès de cette édition inédite, ce Chanté Nwel devrait accoucher d’une suite samedi 28 novembre.
À quelques semaines de Noël, il étaient une centaine de personnes en hexagone et aux Antilles ont participé à un Chanté Nwel digital. Chacun chez soi, seul ou en famille, derrière l’ordinateur ou le smartphone, ils ont entonné durant plus de 3 heures les grands classiques du répertoire de cette tradition antillaise : Raler voisin, Satan, Les anges de nos campagnes, Joseph mon cher fidèle, Dans le calme de la nuit, Le fils du roi de gloire, Il est né le divin enfant, etc.
 

"Il était hors de question de ne rien faire, lâche Marie-Catherine Fardin-Vanitou, directrice artistique du groupe Ethnick’97 et co-organisatrice de ce concert digital. Cela fait 20 ans que nous animons des concerts et des carnavals en hexagone. Il fallait trouver une solution, encore plus cette année dans cette ambiance morose que nous traversons."

Cette Martiniquaise travaillant à La Poste, son mari Philippe et leurs deux enfants ont transformé une partie de la maison familiale dans le Val-de-Marne en studio de diffusion : musique d’un côté et régie technique de l’autre ; les parents se consacrant aux chants et aux instruments et Dylan et Kéran, leurs fils, gérant avec ordinateurs le son, l’image, la lumière et la réalisation de ce concert pas comme les autres. Le tout en lien avec 4 autres musiciens connectés depuis chez eux.
 

Un rendez-vous pris d'assaut

Parallèlement, le groupe basé dans la banlieue sud de paris, a créé un groupe WhatsApp sur les réseaux sociaux histoire d’inviter les gens à se joindre à eux dans cette aventure un peu folle – selon les termes de Marie-Catherine ! – et participer à l’événement. Ils ont ensuite calé un rendez-vous sur Zoom, une des applications très à la mode depuis le premier confinement. Après s’être inscrits sur le groupe social, les candidats à ce Chanté Nwel hors du commun ont reçu une invitation sur leur messagerie électronique.

17h30, samedi 21 novembre 2020 : il ne fallait pas être en retard pour bénéficier de la connexion et vivre ce chanté Nwel numérique. "L’application nous limite pour l’heure à une centaine de personnes seulement, explique Marie-Catherine, également percussionniste. En 15 min, nous étions déjà au complet. Nous avons dû refuser pas mal de monde. J’ai reçu plein de messages sur mon smartphone de gens qui, ici en Hexagone comme aux Antilles et en Guyane, se plaignaient de ne pas pouvoir se connecter."
 

La surprise Wendie Renard

Biguine, chouval bwa, gwoka, merengue, kompa zouk… Tous les styles musicaux des traditionnels Chanté Nwel antillais ont été joués, entonnés et repris par les participants derrière leur ordinateur ou leur smartphone, dans leur salon, leur cuisine, leur garage ou leur chambre ici en Hexagone, ou plus étonnant sur une plage de la Guadeloupe ou encore depuis une terrasse aux pieds de la montagne Pelée en Martinique.

Mais quelle ne fut pas la surprise des participants de voir débarquer dans ce concert numérique la star antillaise du ballon rond Wendie Renard.
 
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La footballeuse Wendie Renard, née en Martinique, a participé à ce Chanté Nwel virtuel. ©Jean-Michel Mazerolle

La joueuse de l’Olympique Lyonnais et de l’équipe de France, coiffée d’un bonnet de Noël, a même entonné la ritournelle Doudou ma nova, de quoi électriser ce Chanté Nwel original.

D’habitude, ce sont les gens qui viennent nous voir et chanter avec nous. Cette fois-ci, c’est nous qui sommes allés voir les gens. Le plus extraordinaire, c’est même que nous sommes rentrés chez eux. Ils nous ont ouvert leur porte. On les a vus et on a chanté avec eux dans leur intimité, avec leurs proches, les enfants, des grands-parents, quel que soit les générations et leur niveau social. C’était très touchant. Incroyable !​​​

Philippe Fardin, le patron d’Ethnick’97


Autre surprise : le covid qui s’est lui aussi invité à la fête. L’un des membres du groupe Ethnick’97, très affecté par le fait que nombre de personnes ignorent ou délaissent les gestes barrières, a décidé de réécrire les paroles d’un des cantiques traditionnel du Chanté Nwel. Ainsi, "Un enfant vient de naître" s’est transformé en "Un virus vient de naître", avec la ritournelle "zim alleluia". "Tant que l’on n’a pas eu le covid, on ne comprend pas vraiment les effets et les dégâts que cette maladie peut engendrer, explique Lasconi, un des musiciens du groupe. J’ai été très touché de voir que la maladie peut aussi s’attaquer à des jeunes et à des enfants. Ça a été le cas dans ma famille. C’est pour cela que j’ai profité de ce Chanté Nwel pour faire passer un message de prévention et de prise de conscience."
  

Nouveau succès ?

Au regard du succès de ce Chanté Nwel numérique, le groupe Ethnick’97 souhaite recommencer l’opération samedi 28 novembre au soir, en espérant que d’ici là les annonces gouvernementales en matière de confinement se desserreront un peu. "Pas question d’organiser un concert en présentiel, insiste Marie Catherine Fardin-Vanitou. Nous espérons simplement pouvoir réunir les musiciens dans une petite salle afin de proposer un autre Chanté Nwel encore plus performant et plus festif. Problème : étant victimes de notre succès, nous essayons de voir comment augmenter le nombre de participants dans une nouvelle réunion zoom. On espère cette fois rassembler jusqu’à 500 personnes. Mais l’application nous demande alors de payer. Se pose alors le problème de faire payer les gens pour participer aux frais. Nous sommes en pleine réflexion. Il faut qu’on se dépêche !"

100 ou 500 personnes ? Réponse le 28 novembre prochain. Et pour en savoir plus, rendez-vous sur la page Facebook du groupe Etchnick’97.
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