Repas à un euro, présentiel, chèque-psy... Des promesses “insuffisantes” selon le Réunionnais Helno Eyriey de l’UNEF

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Etudiants précarité
©Quentin Vernault / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Emmanuel Macron a annoncé jeudi plusieurs mesures pour lutter contre la précarité étudiante. Pour les Ultramarins de l'UNEF, les promesses “ne sont pas à la hauteur” de la situation. La Région Île-de-France a également fait part du lancement d'un plan d'aide. 

Les promesses d’Emmanuel Macron ne sont “pas à la hauteur” de la précarité financière et psychologique des étudiants, réagit Helno Eyriey, vice-président de l’UNEF, après la série de mesures annoncées par le chef de l’Etat à l'université Paris-Saclay (Essonne), ce jeudi. En parallèle, la Région Île-de-France a fait part d'un investissement conséquent pour venir en aide aux étudiants les plus précaires, "notamment les Ultramarins qui souffrent énormément", a déclaré jeudi le Guadeloupéen Patrick Karam, vice-président du Conseil régional. 

Nouvelles mesures de l'Etat

Le chef de l'Etat a promis que tous les étudiants pourraient avoir accès à deux repas par jour à un euro dans les restos U. Une mesure "trop tardive" qui fait tiquer l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) : "ça se fait dans un contexte où beaucoup moins d'étudiants pourront en bénéficier (...) soit parce qu'ils sont rentrés chez eux, soit parce qu'ils ne vont pas avoir accès au restaurant universitaire autant qu'en période normale", explique Helno Eyriey, faisant référence au couvre-feu à 18h et aux cours en distanciel.  

Sur ce dernier point, Emmanuel Macron souhaite aussi accélérer le calendrier de reprise des cours "en présentiel""Si [un étudiant] en a besoin, il doit pouvoir revenir à l'université un jour par semaine". L'UNEF regrette que cette reprise se fasse sur la base du volontariat. “Çela nous semble logique que tout le monde puisse avoir accès à ce cours en présentiel quand il sera mis en place”, explique Helno Eyriey.

Quant au chèque-psy évoqué par le président pour faciliter l'accès à des soins, il est salué par le syndicat étudiant, notamment parce qu'il s'agit d'une mesure nationale "qui devrait garantir l’équité” "sur tout le territoire, notamment en Outre-mer", selon le Réunionnais qui nuance cependant : "en Outre-mer, on peut se poser des questions sur les conditions tarifaires. Il est question d'un chèque avec un montant unique. Est-ce que cela ne mériterait pas qu'il y ait un montant un peu plus élevé en Outre-mer parce qu'on sait que les tarifs sont différents ?"

Loin du plan d'1,5 millard d'euros réclamé par l'UNEF

L'UNEF avait appelé à la mobilisation mercredi pour que les étudiants ne soient pas "les oubliés de la crise sanitaire". La présidente du syndicat, la Guadeloupéenne Mélanie Luce, avait réclamé la réouverture des universités, ainsi qu'"un plan d'urgence de 1,5 milliard d'euros [pour] permettre aux étudiants de s'en sortir".

On doit choisir entre manger et payer notre loyer. (...) Ce n'est pas un quotidien qui est possible. Déjà avant la crise, c'était difficile et maintenant c'est impossible. 

Mélanie Luce, présidente de l'UNEF

 

La Région Île-de-France se mobilise

Par la voix de son vice-président, la Région Île-de-France a également annoncé jeudi un plan d'aide pour lutter contre la précarité étudiante aggravée par la crise sanitaire. II annonce par exemple l'investissement de six millions d'euros dans des chèques numériques à destination des étudiants boursiers, ainsi que le financement de 10 000 ordinateurs qui seront livrés aux présidents d'universités d'ici la fin du mois. Il évoque également le lancement en février d'une plateforme d'aide psychologique qui rassemblera 150 psychologues. Autre mesure annoncée : des distributions alimentaires sur les campus universitaires.

Les étudiants ultramarins font partie des premières victimes de cette crise Covid (....) Nous avons beaucoup d'Ultramarins qui reviennent à chaque fois, nous allons continuer à faire des distributions alimentaires pour les aider, les accompagner. Nous serons présents à leurs côtés.

Patrick Karam, vice-président de la Région Île-de-France

 

La Région Île-de-France annonce entre 150 et 200 places d'hôtel, ouvertes en partenariat avec le groupe Accor. "Nous allons garantir des prêts (...) On va ainsi doubler l'effort de prêt de l'Etat" pour les étudiants. Patrick Karam affirme que la Région financera des "barnums de tests" sur les campus ainsi que des tests. Enfin, une centaine de jobs numériques seront proposés aux étudiants les plus précaires." "Il faut avoir une pensée pour les étudiants ultramarins parce qu'ils sont loin. Leurs familles n'ont parfois plus rien pour les aider", a-t-il conclu.  

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