Représentée en esclave par Valeurs actuelles, la députée Danièle Obono dénonce "un racisme abject"

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Danièle Obono
Danièle Obono ©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Dans son roman de l’été, Valeurs actuelles a choisi de dépeindre Danièle Obono sous les traits d’une esclave. Ces illustrations et ce texte témoignent selon la députée LFI "d’une banalisation du racisme le plus abject". Elle a reçu de nombreux soutiens d’Outre-mer.
 
Valeurs actuelles qui se qualifie d'"hebdo de droite qui s'assume" propose dans son dernier numéro une fiction intitulée "les couloirs du temps".

Dans ce récit de sept pages, la députée La France Insoumise Danièle Obono est représentée sous les traits d'une esclave dans plusieurs dessins. On peut y lire le sous-titre suivant "Obono l’Africaine. Où la députée insoumise expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage"

Un titre qui a choqué à droite comme à gauche comme en témoigne ce tweet d'Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste ainsi que celui du Premier ministre Jean Castex.
Ulcérée par cette fiction, la députée avait immédiatement réagi dès la publication de Valeurs actuelles. Elle déclarait : "heureusement on peut encore écrire de la merde raciste dans un torchon illustré par les images d’une députée française noire africaine repeinte en esclave".
Egalement choqués par cette fiction de Valeurs actuelles, des personnalités d’Outre-mer telles que la députée de Polynésie Maina Sage, Claudy Siar, le chanteur et animateur guadeloupéen, ex-délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, Audrey Pulvar, adjointe à la maire de Paris, Younous Omarjee, eurodéputé de La Réunion, Gabriel Serville, député de la Guyane ainsi que Pierre Kanuty se sont indignés à leur tour. 
Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage a également vigoureusement réagi à cette publication qu'il juge "profondément raciste".  Angèle Louviers, avocate guadeloupéenne apporte également son "total soutien" à la députée de LFI. Chantal Clem, présidente de l'association Figures et femmes Totem des Outre-mer, a fait parvenir une vidéo à Outre-mer La 1ère dans laquelle très émue, elle déclare "le crachat que vous lancez ne retombe que sur vous".  Valeurs actuelles s'est défendu sur twitter dès le vendredi 28 août en expliquant qu'il s'agissait "d'une fiction mettant en scène les horreurs de l'esclavage organisé par des Africains au XVIIIème siècle", "terrible vérité que les indigénistes ne veulent pas voir", a encore ajouté l'hebdomadaire. Face au tollé provoqué par sa fiction, Valeurs actueles a publié ce samedi 29 août un communiqué dans lequel l'hebdomadaire justifie toujours sa publication en déclarant que "ce texte n'a rien de raciste" mais présente cette fois ses "excuses" à "madame Danièle Obono". Le chef de l'Etat Emmanuel Macron a appelé la députée samedi pour lui faire part de sa "condamnation claire de toute forme de racisme", a indiqué l'Elysée à l'AFP. Dénonçant "une insulte à (ses) ancêtres, sa famille" et "à la République", Danièle Obono a déclaré samedi soir sur BFMTV "réfléchir" à porter plainte.