Saint-Martin : les pillages, nouveau fléau pour les rescapés d'Irma

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dégats Irma Saint-Martin
©Lionel CHAMOISEAU / AFP
Sur les réseaux sociaux, les rescapés du cyclone Irma sont nombreux à expliquer vivre dans la terreur. Après le cyclone, les pillards sèment la panique. Certains Saint-Martinois lancent un appel à l'aide.

Dans la partie française de Saint-Martin, comme dans la partie hollandaise, les pillages sont très nombreux depuis le passage d'Irma. Les journalistes de Guadeloupe 1ère à Saint-Martin sont eux-aussi les témoins de ces scènes de pillage, comme ils le rapportent dans l'article à retrouver en cliquant ici. Sur les réseaux sociaux, les habitants de l'île confient leur peur : 

Des pillages ont eu lieu partout dans l'île. On a essayé de garder l'entrée du quartier ou nous sommes réfugiés. Il y a eu des coups de feu.

 


On s'est barricadé. Le début de soirée fut tendu. de nombreux coups de feu, d'abord à quelques kilomètres, puis dans le parking.

 

On a l'impression qu'une bombe atomique est tombée sur notre île. Saint-Martin est ravagée, un vrai cauchemar. L'enfer sur terre. Et malheureusement au lieu d'être solidaires, des coups de feu sont tirés, des pillages de partout...



Réservoirs d'essence siphonnés

Une Saint-Martinoise vivant à Paris raconte à La1ere avoir eu son cousin par téléphone la nuit dernière. Il lui a rapporté que les voitures étaient siphonnées par des pillards. Pour protéger les voitures, les habitants se regroupent et font des rondes avec des machettes. 

Appel à l'aide

Un autre habitant de Saint-Martin, Hervé Meunier, lance en vidéo sur Facebook un appel à l'aide. "ça ne se passe pas bien du tout à Saint-Martin (...) On est abandonnés. Les militaires, les pompiers ne sont toujours pas là (...) On s'est fait piller. Il n'y avait personne pour protéger les boutiques et les magasins d'alimentation". Regardez son témoignage :
 

 


La ministre témoin des pillages

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a elle-même été témoin de ces scènes de pillages, jeudi, lorsqu'elle s'est rendue sur l'île. De retour en Guadeloupe jeudi soir, elle a expliqué que l'une des priorités était de rétablir l'ordre public.

©la1ere


Ce vendredi à la mi-journée à Paris, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb est revenu sur cette question des pillages, expliquant que les moyens humains allaient être mis en place pour rétablir l'ordre public :

455 agents de l’Etat sont désormais déployés sur Saint-Martin et Saint-Barthélémy : gendarmes, policiers, personnels de la sécurité civile, militaires et personnel de santé. Avec les arrivées d’effectifs attendues dans les prochaines heures, près de 1100 agents de l’Etat seront déployés sur place d’ici demain.

Cette présence renforcée permettra d’assurer les secours aux personnes, mais aussi de rétablir l’ordre public. L’escadron de gendarmes mobiles, de même que la présence du procureur de la République du TGI de Basse-Terre, devrait permettre de lutter contre les pillages constatés ces dernières heures.


"La situation est grave"

Dans la partie hollandaise de l'île, le constat est similaire. Regardez cette vidéo prise dans les rues de Philipsburg, dans la partie hollandaise :

Le Premier ministre néerlandais reconnait que les pillages constituent "un problème grave".  Des troupes supplémentaires et des policiers arrivent en renfort dans la partie sud de l'île pour aider à rétablir l'ordre, ont indiqué des responsables néerlandais. Mark Rutte a affirmé que la priorité pour le moment était de faire parvenir des vivres et de l'eau à Saint-Martin et d'y rétablir la sécurité.

Selon un témoin cité par que journal néerlandais AD vendredi, "il y a des gens dans la rue armés de revolvers et de machettes". "La situation est très grave, personne n'est en charge", a-t-il ajouté.