Santé et éducation : que demande le collectif Pou Lagwiyann dékolé ?

social
santé guyane hopital
Des membres du personnel du centre hospitalier de Cayenne le 29 mars ©AFP Jody Amiet
Les négociations entre la ministre des Outre-mer et le collectif Pour Lagwiyann dékolé ont tourné court. Les deux parties n'ont pas réussi à trouver une entente sur les questions de santé et d'éducation. Le point sur les revendications des collectifs dans ces domaines.
En dépit de longues heures de tractations nocturnes, les deux parties n'ont pas réussi à trouver un terrain d'entente. Le plan d'urgence de 1,085 milliard d'euros présenté par la ministre des Outre-mer a été jugé insuffisant pour le collectif Lagwiyann dékolé qui estime les besoins de la collectivité à 2,5 milliards d'euros.
Et c'est, selon les manifestants, sur les questions d'éducation et la santé que les propositions du gouvernement n'ont pas été à la hauteur de leurs attentes.
Retour sur les revendications des collectifs dans ces domaines.
 

#Santé

Parmi les revendications, on retrouve la question des déficits du CMK, le Centre médico chirurgical de Kourou, et du CHAR, le Centre hospitalier Andrée Rosemon dont la situation a fait l'objet de nombreuses alertes de la part du personnel et des élus ces derniers mois. Alors que de plus en plus de malades se retrouvent en situation de précarité, le CHAR ne bénéficie pas de la dotation "Mission d'intêret général précarité", notent les syndicats qui réclament une rénovation du bâtiment et de nouveaux matériels médicaux.

"Mise en danger des patients"

"Notre objectif est d'offrir à la population de Guyane une offre de soin identique à celle de l'Hexagone, tout en tenant compte des spécificités du territoire Guyanais", écrivent les praticiens du centre hospitalier dans une motion jointe aux revendications. Ces alertent également "sur la mise en danger des patients, les conditions inacceptables de leur prise en charge et les difficultés d'exercice du métier de soignant".
Selon un rapport de la Cour des comptes émis en 2014, la Guyane affiche un retard de 28 ans par rapport à l'Hexagone et de 12 ans par rapport aux autres départements d'Outre-mer. Des photos de l'hôpital Andrée Rosemon, qui témoignent de son délabrement, circulent sur les réseaux sociaux.
 

#L'éducation

L'Education, fait également partie des points de désaccord entre les collectifs et les ministres dépêchés en Guyane. Le constat dressé par les premiers est sans appel : retards de constructions, manque d'effectifs, incapacité à fournir une éducation à l'ensemble des Guyanais dans une collectivité qui connaît une démographie en hausse de 3,9% par an.
 

Contruction d'établissements et transports scolaires gratuits

Parmi les demandes on retrouve :  la construction de 5 lycées dans les communes de Maripasoula, Saint-Georges de l'Oyapock, Macouria, Saint-Laurent du Maroni et Matoury; 10 collèges et 500 classes primaires. Des établissements qui doivent, selon les revendications, être construits et alimentés à partir des ressources locales.
 
Autres revendications : la gratuité des transports scolaires, routiers et fluviaux, la création de 20 postes à l'université de Guyane et d'un pôle universitaire à Saint-Laurent du Maroni.
 
 
Le Premier ministre Bernard Cazeneuve reçoit ce lundi 9 ministres, dont les ministres de l'Intérieur Mathias Fekl et des Outre-mer Ericka Bareigts, tout juste rentrés de Guyane, pour tenter de trouver une issue à la situation de crise que connaît la Guyane depuis maintenant plus de deux semaines.

Suivez la situation en Guyane minute par minute avec notre Live