publicité

[SERIE PANAMA 4/5] Des Antillais fidèles à leurs racines

A la fin du XIXe siècle, de nombreux Antillais sont venus s'installer à Colon au Panama pour participer à la construction du Canal. Attirés par des promesses d'Eldorado, ils ont très vite été confrontés à une autre réalité. Reportage chez leurs descendants.

© NS
© NS
  • Nathalie Sarfati - Pierre Lacombe - Massimo Bulgarelli
  • Publié le , mis à jour le
La promesse d'un travail, avec le chantier titanesque du Canal, a attiré de nombreux Antillais au Panama à la fin du XIXe siècle. La construction de ce canal maritime de 77 km de long a été l'un des projets d'ingénierie les plus difficiles jamais entrepris. Son influence sur le commerce maritime a été considérable, puisque les navires n’ont plus eu besoin de faire route par le cap Horn et le passage de Drake, à la pointe australe de l’Amérique du Sud. Un navire allant de New York à San Francisco par le canal parcourt 9.500 kilomètres, moins de la moitié des 22.500 kilomètres du voyage par le cap Horn. 
© La1ère
© La1ère
Le sentiment d'abandon
Ce Canal était pour les Antillais l'espoir d'une vie meilleure. Malheureusement, ils ont très vite été confrontés à une autre réalité, plus cruelle, celle d'un pays pauvre où sévissaient les maladies et le racisme. Rejetés par les Américains qui construisaient le Canal et les Panaméens eux-mêmes, ils se sont sentis abandonnés et ont décidé de fonder une Fraternité, une association d'aide aux Antillais. Aujourd'hui, le siège de cette Fraternité est abandonné, mais l'association existe encore et poursuit ses activités avec la communauté antillaise du Panama, composée essentiellement de Martiniquais.
La maison de la Fraternité à Colon au Panama © NS
© NS La maison de la Fraternité à Colon au Panama

L'un des doyens de cette communauté, Clément Garnes, 97 ans, se souvient que sa mère évoquait souvent la Martinique : "on parlait beaucoup avec ma mère, c'était la seule façon de ne pas oublier la Martinique, et puis surtout on parlait beaucoup plus créole que français". 
Clément Garnes, 97 ans, ici avec sa fille Clarissa, se souvient qu'il parlait Créole avec sa mère © NS
© NS Clément Garnes, 97 ans, ici avec sa fille Clarissa, se souvient qu'il parlait Créole avec sa mère

Leonardo Rey Sidnez, le président de la Fraternité se souvient lui aussi de cette époque.

"Il était interdit de parler créole, il était interdit de parler français à l'école et forcément les parents finissaient par dire à leurs enfants qu'il valait mieux parler espagnol. 

 

Les Antillais du Panama fidèles à leurs racines


Le rêve est devenu réalité

Les Antillais du Panama sont sont restés très attachés à leurs racines. Ils se réunissent une fois par mois. L'occasion d'échanger entre eux et de partager des expériences, des souvenirs... Comme aujourd'hui avec Umberto Butcher. Originaire de Martinique, il a fait le déplacement de Panama City à Colon. Il raconte à la communauté son voyage récent en Martinique où il a retrouvé sa famille paternelle.
© NS
© NS
 

"Le rêve est devenu réalité. J'ai rencontré mes cousins. J'ai passé du temps avec eux. Ils m'ont fait visité l'île. C'était magnifique.


Beaucoup d'Antillais du Panama n'ont pas eu cette chance de pouvoir revenir un jour chez eux, en Martinique. Certains l'envisagent, d'autres ont renoncé, mais tous affichent leurs origines avec une profonde fierté.  
 

Bonus

Humberto Butcher est un descendant antillais. Il est né au Panama. Ses grands-parents étaient originaires de Martinique. Il a retrouvé sa famille et s'est rendu en Martinique en avril 2018. Il témoigne.
Humberto Butcher
 

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play