Statues déboulonnées : "Le passé est là. Il ne faut surtout pas le réécrire ou le tuer", pour Brigitte Macron

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Statues déboulonnées : « Il ne faut pas tuer le passé », pour Brigitte Macron
Brigitte Macron dans son bureau de l'Elysée, le 1er juillet 2020. © (TRISTAN BROMET / ELYSEE)
Dans un entretien accordé à France Info, Brigitte Macron rejette toute réécriture historique. "Le passé est là. Il ne faut surtout pas le réécrire ou le tuer comme on est en train de le faire avec les statues", affirme-t-elle.
La première dame a accordé, à franceinfo, une interview dans laquelle elle revient sur les récents déboulonnages de statues par des manifestants antiracistes. Affirmant vivre "résolument dans le présent", mais sans "renier l'histoire", Brigitte Macron donne son sentiment sur cette polémique mémorielle. 
 

Le passé est là. Il ne faut surtout pas le réécrire ou le tuer comme on est en train de le faire avec les statues. Le passé, c'est constitutif de ce que nous sommes. Ça dit quelque chose de nous, même si c'est quelque chose qui ne nous plaît pas. Il est là, donc on doit accepter l'Histoire.

Brigitte Macron


Lors de son allocution le 14 juin, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir lutter contre les "réécritures haineuses ou fausses du passé"."La République ne déboulonnera aucune de ses statues", avait indiqué le président de la République en réponse aux appels de certains manifestants à retirer des statues jugées racistes.

Fin juin dernier, la statue de Colbert, ministre de Louis XIV et auteur du Code noir, située devant l'Assemblée nationale, avait été vandalisée. Le 22 mai dernier, jour de la commémoration de l'abolition de l'esclavage en Martinique, deux statues de Victor Schoelcher ont été détruites suscitant de nombreuses réactions dont celle de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe. Il était alors intervenu le 17 juin au Sénat, lors des questions d'actualités. "J'ai été profondément choqué parce que cela traduit quelque chose qui ne va pas, j'ai été profondément choqué qu'à Fort-de-France on déboulonne les statues de Victor Schoelcher. A Fort-de-France !"

A Lille également, le piédestal de la statue du général Faidherbe avait également été tagué des mots "colon" et "assassin" inscrits en rouge, au lendemain d'une manifestation visant à réclamer son retrait de l'espace public.