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Tennis-US Open: Naomi Osaka, la Japonaise de père haïtien, remporte son premier Grand Chelem

La Japonaise de père haïtien Naomi Osaka a remporté son premier titre du Grand Chelem, à vingt ans, en battant l'ex-N.1 mondiale Serena Williams (6-2, 6-4) dans une finale de l'US Open marquée par une rare polémique d'arbitrage, samedi à New York.
 

© MOHAMMED ELSHAMY / ANADOLU AGENCY
© MOHAMMED ELSHAMY / ANADOLU AGENCY
  • Pierre Lacombe, Philippe Triay (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
La Japonaise Naomi Osaka, dont le père est originaire d'Haïti, a été sacrée pour la première fois en Grand Chelem à l’US Open samedi à New-York. La Japonaise, âgée de 20 ans,  a battu l'ex-N.1 mondiale Serena Williams (6-2,6-4). Elle devient ainsi la première Japonaise, hommes et femmes confondus, à remporter un tournoi du Grand Chelem. 
 

Serena Williams s'emporte contre l'arbitre 

Une finale marquée par une rare polémique d'arbitrage. Alors que Osaka menait 6-2, 4-3, Serena a reçu un jeu de pénalité pour avoir qualifié l'arbitre de chaise, le Portugais Carlos Ramos, de "voleur" après de précédents incidents d'arbitrage. Tout a commencé quand l'Américaine a reçu un premier avertissement pour "coaching" en début de deuxième set, à 1-0, 40-15. "Je ne triche pas pour gagner, je préfère perdre", affirme -elle à l'arbitre dans un premier temps, avant d'en reparler avec lui au changement de côté. "Je ne triche pas, je n'ai jamais triché de ma vie, j'ai une fille et je défends ce qui est juste, vous me devez des excuses", lui lance-t-elle.
 
A 4-3, la cadette des soeurs Williams (36 ans) en reçoit un second pour avoir fracassé sa raquette après avoir perdu son service, ce qui lui vaut cette fois un point de pénalité. "Vous attaquez ma personne. Vous n'arbitrerez plus jamais un de mes matches. C'est vous le menteur", avant de qualifier l'arbitre de "voleur". Celui-ci lui inflige alors un jeu de pénalité.
    
Deux jeux plus tard, l'Américaine, en larmes et qui a eu une discussion avec un superviseur du tournoi à même le court, s'incline et voit son rêve d'égaler le record absolu de titres en Grand Chelem détenu par Margaret Court, avec une 24e couronne, s'envoler. La cérémonie a ensuite commencé sous les huées, avant que Serena n'invite les spectateurs à arrêter.
 

Elle a bien joué. C'est son premier Grand Chelem. Faisons de ce moment le meilleur moment possible. Reconnaissons le mérite où il y en a. Ne huons plus. Félicitations Naomi
(Serena Williams) 

 

Je savais qu'elle voulait vraiment ce 24e titre en Grand Chelem, tout le monde le sait, on en parle partout. Quand j'entre sur le court, je suis quelqu'un d'autre, je ne suis plus une fan de Serena. Je suis juste une joueuse de tennis qui en affronte une autre. Mais après, quand elle m'a prise dans ses bras au filet, je suis redevenue une enfant (Naomi Osaka)

 

Osaka imperturbable 

Loin de toute cette agitation, Osaka (19e), est restée imperturbable. Auteure d'un excellent début de match, pas impressionnée ni par sa prestigieuse adversaire - son idole - ni par l'enjeu, elle a pris les commandes de la partie avec beaucoup d'autorité, au service notamment poussant Serena à parcourir du terrain. Elle n'a pas non plus paniqué quand elle s'est fait breaker en début de deuxième set. Au contraire, elle a immédiatement recollé au score, en profitant des largesses de l'ex-N.1 mondiale (deux doubles fautes consécutives). Plus impressionnant encore, elle ne s'est pas laissée déstabiliser un instant par l'emportement spectaculaire de Serena.
 

C''est toujours irréel pour l'instant. Peut-être que dans quelques jours je réaliserai ce que j'ai fait. Sur la balle de match, avoir une réaction très démonstrative, ça ne me ressemble pas vraiment. Et ça avait toujours l'air irréel. Donc, quand je marchais vers le filet, ça ressemblait à un match comme les autres. Mais c'était Serena de l'autre côté. Elle m'a prise dans ses bras, et c'était vraiment génial. 

 

Patronyme maternel 

Née le 16 octobre 1997 à… Osaka, Naomi Osaka est née d’une mère japonaise, Tamaki Osaka et d’un père haïtien, Léonard François, qui était venu au Japon pour y suivre des études. Pour des questions administratives, Naomi et sa grande soeur Mari ont conservé le patronyme maternel. En 2000, la famille émigre aux Etats-Unis. L’une des raisons est la brouille de Tamaki avec son père qui lui reproche d’avoir épousé un Noir. Leur mésentente durera plus de dix ans, pendant lesquels la mère de Naomi n’aura quasiment pas de contact avec les siens.
La famille Osaka: de gauche à droite, Naomi, Mari, Tamaki et Léonard François. © Naomi Osaka/Instagram
© Naomi Osaka/Instagram La famille Osaka: de gauche à droite, Naomi, Mari, Tamaki et Léonard François.

Une fois installé à New York, le père de Naomi, qui est passionné de tennis, initie ses filles à ce sport en s’inspirant des méthodes de Richard Williams, le père des sœurs Williams. Et ça marche ! Rapidement repérée, Naomi Osaka est envoyé dans une académie de formation des espoirs en Floride. L’ascension peut commencer, et en 2016, à 18 ans, Naomi atteint les 3e tours de trois tournois du Grand Chelem, l'Open d'Australie, de Roland Garros et de l'US Open. "Seulement" des 3e tours certes, mais qui marquent une progression constante.
Naomi Osaka en bref

Nom: Osaka
Prénom: Naomi
Nationalité: japonaise
Date de naissance: 16 octobre 1997 (20 ans)
Lieu de naissance: Osaka (Japon)
Réside à Fort Lauderdale (Floride/Etats-Unis)
Taille: 1,80 m
Poids: 69 kg
Droitière, revers à deux mains
N.19 mondiale (meilleur classement: N.17 en juillet 2018), tête de série N.20
Professionnelle depuis 2014
Palmarès: 2 titres, tous en 2018 (Indian Wells et US Open)
En Grand Chelem : 1 titre (US Open 2018)
Entraîneur: Sascha Bajin (GER)
  
 

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