Tourisme : les Antilles tirent malgré tout leur épingle du jeu tandis que La Réunion et la Polynésie souffrent (SETO)

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Plage Martinique
Les Salines, Martinique. ©LIOT Jean-Marie / hemis.fr / hemis.fr / Hemis via AFP
Elles sont dans le Top 10 des destinations long-courriers. La Guadeloupe et la Martinique sont même en deuxième position, juste derrière la République Dominicaine. Une belle performance par rapport à d’autres territoires ultramarins.

Lors d’un point presse organisé par le Syndicat des Entreprises du Tour Operating (SETO), son président, René-Marc Chikli a fait le bilan de la situation du tourisme pour la saison estival 2021 et a fait part des prévisions des entreprises du secteur pour cet hiver. Point important : les Antilles françaises sortent du lot. Mieux, depuis la réouverture des vols touristiques vers les deux îles, les prises de commande sont supérieures à la période d’avant-crise.

Salon Top Résa
Salon Top Résa ©Louis Métivier

Ainsi, pendant l’été 2019, les prises de commande étaient de 8 555. A la même période en 2020, avec la crise Covid, cela s’est effondré à 6 737. Mais 2021 s’avère être une bonne surprise, puisqu’il y a une augmentation des commandes de 54,3 %, pour un total de 10 396 prises de commande. Les réservations ont été donc bien supérieures à l’année 2019 qui fut pourtant très bonne pour les tours opérateurs. Avec les confinements au milieu de l’été, ces bons chiffres ont été stoppés net. Or, actuellement, avec les déconfinements progressifs, le SETO constate une augmentation des prises de commande pour cet hiver de 14,4 % par rapport à 2020.

La Réunion et la Polynésie loin derrière

Si les Antillais peuvent se réjouir, ce n’est pas le cas des Réunionnais et Polynésiens. En effet, les chiffres donnés par le Président du SETO ne sont pas très bons. La Polynésie peut toutefois se targuer d’être à 75 % de son niveau d’avant-crise. Soit à 1 470 prises de commande pour cet été contre 1 964 en 2019. Pour La Réunion, en revanche, le niveau de 2019 est bien loin puisque les réservations pour l’île ne sont qu’à 36 %. Les prises de commande sont passées de 3 476 avant la crise à seulement 1 238 cet été.

Une situation qui ne s’arrangera sûrement pas avec les vacances d’hiver comme l’explique René-Marc Chikli, "La Réunion n’est pas particulièrement une destination d’hiver et la Polynésie reste une destination très trop lointaine".  Surtout, le SETO fait un constat, "les réservations se font tardivement, avec une moyenne de 15 jours avant le voyage et les voyageurs attendent la garantie d’un remboursement s’il y a une annulation à cause du Covid". Le président du syndicat précise que "la prévisibilité pour les vacances d’hiver se fera  surtout courant mi-novembre".

Des raisons d’espérer

Pour un retour presque à la normale des voyages touristiques, l’espérance est de mise pour le SETO. Il y a tout d’abord la vaccination, qui permet de voyager sans difficultés particulières vers les destinations qui ont ouvert leurs frontières. Cela induit par conséquent une bonne accessibilité, qui est primordiale dans le choix des voyageurs. Il y a aussi la volonté de relance du secteur touristique par de nombreux pays qui offrent de bonnes conditions de séjour. Et puis, il y a surtout le désir de voyager. "Les gens voyagent même s’ils ne peuvent pas aller partout dans le pays, ils ont le budget et l’envie" précise René-Marc Chikli.

Les résultats sont donc encourageants pour le SETO. En effet, ce sont surtout les vols moyen-courriers qui souffrent avec 38 % seulement du niveau d’avant crise. Une baisse moins spectaculaire pour les long-courriers et donc pour les Outre-mer avec 47 % du niveau de 2019. Cet été, ce sont donc les Antilles françaises qui ont tiré leur épingle du jeu, même si les vacances ont été mouvementées avec les confinements début août (30 juillet pour la Martinique). Mais les prises de commande étaient bel et bien présentes. René-Marc Chikli le confirme, "dès qu’une destination s’ouvre, tout de suite, des clients réservent". Cela se voit avec les prises de commande pour cet hiver. Les Antilles restent toujours plébiscitées.