Tournoi des six nations : Romain Taofinenua et Yoram Moefana en mode commando avant l’Italie

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Les Bleus partent à l'entraînement près du parcours du combattant ©FFR / Julien Poupart
L’équipe de France s’est préparée pendant deux semaines en immersion au camp militaire de Carpiagne aux côtés des légionnaires du 1er régiment étranger de cavalerie. Romain Taofifenua le Calédonien et Yoram Moefana le Futunien évoquent ce tournoi et ce partage particulier. Interview ⬇

Outre-mer la 1ère : Romain qu’est-ce que ça change d’avoir été à la Légion Etrangère par rapport à un stage ordinaire ?
 

Romain Taofifenua : Concrètement on s’est d’abord concentrés sur nous-mêmes. Ce qui est agréable, c’est qu’on s’entraine au soleil, mais ça ne change pas. C’est vrai que les entraînements qu’on a fait ici dans le camp sont intenses. Ça nous faire du bien de sortir de notre confort du cadre de Marcoussis, on le ressent sur le terrain. Le groupe s’est resserré autour de valeurs communes comme la discipline, le partage, le courage et l’engagement  et la précision. Ce sont leurs valeurs aussi, comme les nôtres. La journée en immersion nous a permis de les découvrir encore mieux.
 

Tu es un peu un papa dans ce groupe, l’un des plus anciens et pour reprendre un terme d’actualité ce n’est pas ta première campagne ?
 

RT : Avec Brice Dulin on est les plus anciens, ça fait plaisir de voir qu’on est toujours au niveau, on essaie en tout cas. J’espère que ça va durer (NDLR Romain a débuté en équipe de France en 2012, mais dans le tournoi des six nations en 2015 face à l'Irlande où il a marqué son premier essai en bleu).
On essaie avant tout d’apporter notre expérience sur les entraînements et surtout sur les matchs où on a un rôle important à jouer. Je trouve que notre groupe a évolué positivement, comme on le voit avec nos résultats. C’est cool d’évoluer dans un cadre comme ça.
 

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Julien Marchand et Romain Taofifenua échangent avec un légionnaire du 1er REC ©FFR / Julien Poupart

 

On avance avec les victoires. Ce qui nous manque pour passer un palier c’est un titre et j’espère que cette fois on ira le chercher.

Romain Taofifenua, deuxième ligne XV de France

 

Les autres équipes du Tournoi font de la France la favorite de cette édition. Comment réagis-tu à ça, est-ce une pression supplémentaire ?
 

RT : Non je ne pense pas avoir de pression supplémentaire. C’est toujours flatteur d’entendre ça des autres nations. Cette année, ça va être encore plus relevé que les années précédentes, notamment avec  l’Irlande qui a battu les Blacks (29/20) à l’automne. L’Angleterre qui a battu les Springboks (27/26) fin novembre est toujours là. Ça ne va pas être simple, car le Pays de Galles et l’Ecosse sont dans le coup. N’oublions pas que les Gallois sont les tenants du titre.
 

Romain, la notion de famille, de lien est plus que d’actualité au vu de la présence des joueurs du Pacifique. On vous a vu, les trois frères Tao sur le terrain, lors de Lou Usap Een Top 14. Qu’en penses-tu ? 
 

RT : Cette notion de famille ça a toujours été important pour les Wallisiens et les Calédoniens qui viennent jouer ensemble. On se resserre tous les coudes et même si on ne se connaît pas, ça aide. Ce lien est hyper important pour nous, je repense à mon père et mes oncles quand ils étaient à Grenoble ou Limoges. L’exemple est tout trouvé avec eux.
 

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Romain Tao, l'un des avants les plus puissants du Xv de France, est aussi à l'aise ballon en main. ©FFR / Julien Poupart


 

On aime passer du temps ensemble nous le gars des Iles, je pense à Yoram (Moefana), Peato (Mauvaka), Tani (Vili) et Seb (Vahaamahina) avant. C’est un super message d’espoir pour les jeunes à Wallis et Futuna ou en Nouvelle-Calédonie quand ils nous voient porter le maillot bleu.

Romain Taofifenua, deuxième ligne Xv de France

 

Yoram c’est ton premier tournoi ça représente quoi à tes yeux ?
 

Yoram Moefana : C’est une fierté d’être appelé ici, un grand plaisir de préparer les six nations avec l’équipe de France, que je sois titulaire ou pas (NDLR Il sera remplaçant pour ce match).
C’est un rêve qui devient réalité. Honnêtement je ne m’attendais pas à me retrouver là. Ça me donne encore plus de motivation pour l’entraînement et la volonté de gagner ma place.

 

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Yoram Moefana lance l'attaque lors d'un entraînement. ©FFR / Julien Poupart

 

Tu vas découvrir l’Italie, un match pas si simple ?
 

YM : Je vais découvrir si j’ai la chance de rentrer en cours de match. On est tous motivés, je le suis à fond. Pour l’Italie on s’est bien préparés avec la Légion, on s’entraîne dur pour bien démarrer et ne pas faire de bêtises.
 

Qu’apprends-tu auprès des anciens comme Romain ? Penses-tu avoir franchi un cap dans ta carrière en étant ici ?  
 

YM : Des joueurs comme Romain ou Brice (Dulin), Gaël (Fickou), Jo (Danty), ce sont des mecs qui ont de l’expérience. C’est toujours bien d’apprendre d’eux, car ça fait longtemps qu’ils sont en équipe de France. C’est positif, c’est un plus. En club à l’UBB c’est pareil, je suis toujours à l’écoute des anciens.
 

En club à Bordeaux j’ai franchi un cap au niveau de la confiance malgré la concurrence. J’en ai conscience. Franchement  je le vis bien et on se motive ensemble. Je joue de plus en plus et je me retrouve en bleu.

Yoram Moefana, Trois-quart centre Xv de France

 

Te sens-tu ambassadeur de ton île comme le sont Romain Taofifenua, Selevasio Tolofua ou Peato Mauvaka ?
 

YM :  Oui ca crée quelque chose de particulier ce lien. Ça fait toujours plaisir de retrouver des gars qui viennent de Nouvelle Calédonie, Wallis ou Futuna en équipe de France.
Après, être un ambassadeur, je ne le suis pas encore. Je pense plus à Romain car ça fait longtemps qu’il y est. Pour les jeunes je pense à Peato avec son expérience en club et en sélection. Moi je découvre.
 

Justement toi tu viens du club d’Afili. Et tu as fait le grand saut directement. Clermont Ferrand, l’Union Bordeaux-Bègles et désormais l’équipe de France, que de chemin parcouru vite et bien ?
 

YM : Mon oncle Tapu Falatea (NDLR pilier à Agen) m’a guidé oui, mon père, mes autres oncles et les tantes, tous en me donnant des conseils ont eu de l’importance pour moi. Et c’est vrai que pour les petits du club d’Afili de Futuna, je pense que c’est une bonne chose s’ils ont envie de venir ici et suivre mon exemple. Il leur faut passer au pôle d’espoirs de Nouméa, puis venir ici car ils ont d’énormes qualités. Il faut oser et tenter.