Le gouvernement lance une plateforme pour lutter contre les discriminations

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Plateforme discriminations
©consultation-discriminations.gouv.fr

Les ministres Elisabeth Moreno (Egalité des chances) et Marc Fesneau (Participation citoyenne) ont lancé ce jeudi 8 avril une plateforme pour lutter contre les discriminations. Une consultation qui ne devrait pas aboutir à une nouvelle loi, mais qui se veut plus efficace. 

Dans la loi française, les premières dispositions contre les discriminations datent des années 70. Cela ne les a pas empêché de proliférer, (25 critères de discrimination sont répertoriés aujourd'hui) d'autant que la société elle-même a évolué. Selon la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, Elisabeth Moreno, "les discriminations existent, elles provoquent un ressentiment dans la société, c'est un fait social établi, mais son ampleur est cachée par une loi du silence. La discrimination déshonore nos valeurs".

Une plateforme contre la loi du silence

Pour briser cette loi du silence, le gouvernement ouvre donc une plateforme (lien en cliquant ici). L'idée serait moins de recueillir de nouveaux témoignages, que de trouver de nouvelles solutions. Les participants sont donc invités à évaluer les politiques mises en place, commenter les projets en cours, proposer leur solution ou témoigner de ce qui se fait ailleurs.

La ministre Elisabeth Moreno aurait préféré des tables rondes à travers tous le pays, y compris dans les territoires ultramarins, mais la pandémie la contraint aux visio conférences. Huit domaines dans lesquels on recense déjà le plus de discriminations ont été répertoriés (emploi, handicap, loisir...)

La plateforme est ouverte jusqu'au 31 mai. Après quoi les deux ministres établiront et remettront un rapport au Premier ministre et recevront les 20 personnalités ou associations qui auront porté le projet le plus significatif.

Un nouvel exercice de démocratie participative

De son côté, le ministre Marc Fesneau, chargé de la participation citoyenne et des relations avec le parlement, n'envisage pas de transformer ces propositions en loi. Il le reconnait : "trop de lois sont votées sans être suivies d'effet, et on l'a vu avec les Gilets Jaunes, les citoyens en sont souvent déçus". Avec cette plateforme, ce nouvel exercice de démocratie participative, "chacun aura le même accès à l'information, mais aussi à la parole et à l'écoute".

Pas de loi nouvelle mais des dispositifs efficaces

A l'issue de cette consultation, le ministère ouvrira des "ateliers d'approfondissement" des groupes de travail qui devront trouver le moyen de concrétiser rapidement les voeux exprimés sur la plateforme.