Usine du sud : Castex condamne les violences et appelle au dialogue

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Le Premier ministre a pris position lors des questions au gouvernement sur le dossier du rachat de l'usine du Sud, qui agite la Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs semaines.

Le Premier ministre Jean Castex a condamné devant le Sénat les violences qui ont récemment eu lieu en Nouvelle-Calédonie autour de la reprise de l'usine de nickel de Vale qui suscite de vives tensions entre loyalistes et indépendantistes, tout en appelant au dialogue.

"Avec la tentation de la violence, on ne peut ni transiger, ni tergiverser", a déclaré le Premier ministre lors des questions au gouvernement.

Il était interrogé par Jean-François Longeot (centriste, Doubs), au nom de son collègue Gérard Poadja, sénateur kanak non-indépendantiste et UDI.

Rechercher la voie du dialogue

La politique du gouvernement, "c'est d'abord et toujours de rechercher la voie du dialogue", a assuré le Premier ministre, tout en rappelant qu'"on ne dialogue pas sous la menace" et que "les blocages en cours sur les sites, notamment de l'autre usine, la SLN, doivent cesser".

Depuis le 2 décembre, la Société le Nickel (SLN), filiale d'Eramet, est la cible de blocages et de dégradations sur ses centres miniers et à sa raffinerie à Nouméa, dans le cadre des actions de terrain menées par les opposants à la reprise de l'usine du sud, la mettant dans une situation extrêmement critique.

Rires dans l'Hémiclycle 

M. Castex a évoqué des opposants au projet de cession "plutôt de tendance indépendantiste", qui "ont finalement demandé la nationalisation de l'usine par l'Etat", provoquant des rires dans l'hémicycle.

Pour dialoguer, il faut que tout le monde soit présent autour de la table (...) tout en étant ferme sur le respect de certains principes.

Jean Castex

 

Evoquant les "terribles violences qui ont marqué la Nouvelle-Calédonie au début des années 1980", M. Castex a déclaré que nous devions "résister à cette tentation d'enfermer ce territoire dans cette référence, le contexte n'est plus du tout le même".

"Trente années de rééquilibrage, de partage du pouvoir, de dialogues sont passées par là, et surtout, (...) aujourd'hui, la moitié de la population du 'Caillou' a moins de 30 ans", a-t-il rappelé.

L'ombre du référendum

Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a proposé lundi "une implication plus forte de l'Etat" dans la reprise de l'usine de nickel de Vale en posant deux conditions à cette offre: "les leaders indépendantistes doivent revenir à la table des négociations" et "si la Nouvelle-Calédonie devient indépendante, la France se désengagera" de cette usine.

Un troisième référendum sur l'indépendance doit avoir lieu d'ici 2022, après celui du 4 octobre dernier, remporté par les pro-Français (53,3%).