Vaccination contre le Covid-19 : les Outre-mer à la traîne

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Vaccination des jeunes dès 18 ans - Guillermo Joje
©Guyane la 1ère

Près de trois mois après son lancement en Outre-mer, à la fin du mois d'avril, où en est la campagne de vaccination contre le coronavirus ? La grande majorité des territoires affiche un net retard. Les cinq départements sont particulièrement à la traîne. 

Le ministère des Outre-mer a communiqué le 27 avril 2021 le nombre de doses livrées à ce stade de la campagne vaccinale. C'est l'occasion d'un point d'étape, un peu plus de trois mois après son lancement dans les territoires d'Outre-mer où vivent 2,7 millions de Français. "Au 26 avril, 487 640 doses ont été livrées et 379 519 injections ont été réalisées dans l’ensemble des territoires d’Outre-mer", annonce le ministère sur Twitter.

 

Le nombre d'injections est supérieur au nombre de personnes effectivement vaccinées, puisque le premier cumule première et deuxième doses. En revanche, Santé Publique France, ainsi que les gouvernements de Calédonie et de Polynésie, mettent à jour quotidiennement le nombre précis de personnes ayant reçu une et deux doses de vaccin. Le 27 avril, sur l'ensemble des Outre-mer, 9,3% de la population a reçu une première injection, 4,7% les deux injections nécessaires pour les vaccins disponibles.

 

Dans le détail, 4,7% des habitants de Mayotte ont reçu une première injection, selon l'agence nationale. Un chiffre qui fait de Mayotte le territoire de France le plus à la traîne en matière de vaccination contre le coronavirus. A l'inverse, les plus petits territoires affichent de bons résultats. Ainsi à Saint-Pierre et Miquelon, 58,4% de la population a reçu une première dose, 23,4% les deux doses. Wallis et Futuna dans le Pacifique affiche aussi des taux records : 35,8% de la population a reçu une première dose du vaccin Moderna (le seul acheminé là-bas), 26,5% les deux doses. C'est d'autant plus notable que le territoire du Pacifique est le dernier à avoir lancé la campagne. C'était le 19 mars. 

La Martinique affiche, elle, le meilleur taux des DOM : 9,5% de la population a reçu une première dose. Mais ce chiffre est nettement en dessous des taux affichés par les départements hexagonaux. Pour comparaison, les départements de la région Île-de-France, plus mauvais élèves de l'Hexagone, ont dépassé les 17% de personnes vaccinées, en moyenne. Loin, très loin derrière les meilleures élèves, comme la Corse qui frôlait mardi 30% d'habitants vaccinés.

Quelles explications? 

Une partie du retard a été pris dès le lancement de la campagne, en décalage par rapport à l'Hexagone. La première injection dans les territoires d'Outre-mer a lieu le 7 janvier en Martinique. Mayotte a dû attendre le 28 janvier, soit près d'un mois après le démarrage de la campagne de vaccination dans l'Hexagone. Outre l'acheminement des vaccins, il a aussi fallu expédier Outre-mer des super-congélateurs adaptés à la conservation du vaccin Pfizer, le seul disponible dans un premier temps.

Par ailleurs, l'approvisionnement des territoires en doses a d'abord été évalué par l'État en fonction de la population éligible à la vaccination. Or, beaucoup des territoires d'Outre-mer ont une population plus jeune que celle de l'Hexagone. Cependant, les conditions d'accès à la vaccination ont évolué Outre-mer, la stratégie initiale du gouvernement a été modifiée localement. En Guyane et à Mayotte, par exemple, la vaccination a été ouverte à toutes les personnes de plus de 18 ans, contrairement à l'Hexagone. L'ARS de Guadeloupe a anoncé mercredi 28 avril prendre une mesure similaire.

Dans son tweet du 27 avril, le ministère des Outre-mer met en exergue le faible nombre de doses utilisées dans certains territoires : 27,6% à Mayotte par exemple. Mais cela ne suffit pas à expliquer le faible taux de personnes vaccinées Outre-mer, puisque La Réunion - qui a déjà injecté 84% des doses qui lui ont été allouées - affiche également une proportion de personnes vaccinées parmi les plus basses de France.