VIDEO. À la 1ère page, Michel Zecler raconte son enfer depuis son agression policière

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Lors du deuxième confinement à Paris, Michel Zecler est passé à tabac par des policiers, placé en garde à vue puis innocenté. Cette affaire a changé sa vie. Le producteur de rap martiniquais, victime de cette bavure policière, raconte son histoire dans son livre "Rester debout" édité par Plon. Il est l'invité d'À la 1ère Page.

En novembre 2020, le site Loopsider publiait une vidéo d’une violence insoutenable : celle d’un homme se faisant tabasser par des policiers dans son studio de musique à Paris. Son visage tuméfié a fait le tour du monde, une visibilité dont Michel Zecler, roué de coups par des policiers, se serait bien passé. La victime raconte cette terrible nuit où pour lui, tout a basculé. Dans cet ouvrage publié aux éditions Plon, le musicien parle aussi de sa vie, de ses erreurs et de sa carrière. 

L'auteur : Michel Zecler

Né à Bagneux, Michel Zecler a passé sa petite enfance en Martinique auprès de sa grand-mère, avant de rejoindre sa mère, à l'âge de 4 ans, en banlieue parisienne. Il intègre le groupe de rap "Instances Glauques", comme Diam's dont il est proche. Il abandonne vite la scène pour se mettre au service des autres. Avec Valérie Atlan, la papesse du rap, il crée en 2006 Mazava Prod, une entreprise de production d'évènements musicaux puis en 2008, Black Gold Corp, un label indépendant spécialisé dans le rap et le hip-hop. C'est à lui qu'on doit en 2017 la tournée des Zénith avec "L'âge d'or du rap" qui réunit une belle affiche : Oxmo Puccino, Assassin, Passi, Kery James, Ménélik.

Michel Zecler est un producteur reconnu et respecté dans le milieu hip-hop. En 2020, le grand public le découvre suite à son agression par des policiers 

Lecture d'À la 1ère Page : extrait de "Rester debout" :

"À l'heure où j'écris ces lignes, dix mois ont passé. Dix mois depuis ce soir de novembre où mon voyage en enfer a commencé. Dix longs mois, épuisé à réparer mon corps, un jour après l'autre. Doucement mon visage a dégonflé, les plaies ont cicatrisé, les hématomes sur mon corps se sont résorbés. Pour autant, je ne me reconnais toujours pas. J'ai pris quinze kilos, puis perdu du poids, puis repris encore, en fonction des vagues de stress. C'est comme ça, je ne fume plus, je ne bois pas, alors j'étouffe mon anxiété avec la bouffe, chacun ses trucs pour tenir. Des cernes creusent mon visage épuisé. Voilà pour ce qu'on voit de l'extérieur. À l'intérieur c'est plus compliqué." 

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Réalisation : Jean-Luc Benzimra
Graphisme et Animation : Joël Cimarron
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