VIDEO. Konayah, un travail de mémoire comme devoir

tranches de vie

Konayah, de son véritable nom Corinne Garçon, voue un véritable culte aux Nègres Marrons. Elle consacre toute son énergie à les mettre en valeur. Elle juge ce travail de mémoire indispensable. Pourtant ce rapprochement vers son histoire ne fut pas si facile au début.

"Je suis née en France, pour le Français je ne suis pas totalement française. Pour l'Antillais je ne suis pas totalement antillaise." À 19 ans Konayah décroche son bac bureautique et communication. Elle met le cap sur la Martinique, le pays de ses parents. Elle compte s'y installer, peine perdue. "Vous n'êtes pas assez coquette" s'entend-elle dire au Pôle Emploi de l'époque alors qu'elle postule pour un poste dans ses cordes. Elle rentre dans l'Hexagone, déçue et blessée. Elle est finalement recrutée au service commercial de la SNCF en région parisienne. 

Relation de cause à effet ou non, Konayah s'intéresse de près à l'histoire de l'esclavage et de ceux qui "ont refusé d'être des sous-hommes". Elle leur consacre des livrets et des cartes postales qui racontent les circonstances de leurs évasions. Elle est admirative de leur désir de vivre en hommes libres. Elle s'épanouit en faisant ce travail de mémoire, "Je ne pensais pas que mes recherches allaient m'amener aussi loin. Il y a des Marrons aujourd'hui en 2021."

Aujourd'hui elle est en relation avec des descendants de Marrons, comme Fidélia une grande dame du Surinam, "Ce sont des personnes qui dans leur pays, sont au plus haut niveau de l'État et qui défendent les droits des peuples autochtones".

Forte de ce travail Konayah affirme à propos de l'esclavage "Je parlerai plutôt de libération que d'abolition."