Coronavirus : un vol sans escale entre la Polynésie et Paris

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La compagnie Air Tahiti Nui va effectuer son premier vol direct entre la Polynésie et Paris.
La compagnie Air Tahiti Nui va effectuer son premier vol direct entre la Polynésie et Paris. ©MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY
Alors que l'aviation mondiale doit faire face à des restrictions de voyage en constante évolution, en raison de la propagation du coronavirus, la situation de la liaison Paris-Papeete est particulièrement difficile. Air Tahiti Nui a décidé de mettre en place un vol direct entre les deux villes. 
Depuis vendredi 13 mars, les vols en provenance d’Europe sont interdits d’entrée aux États-Unis. Décision du président Donald Trump en réaction à la propagation de l’épidémie de coronavirus. Cette interdiction devrait courir au minimum un mois et elle n’est pas sans effet sur certains territoires comme la Polynésie française. Pour relier l’archipel à l’hexagone, les trois compagnies aériennes Air Tahiti Nui, Air France et French Bee se creusent donc les méninges, continuité territoriale oblige.
 
Pour contourner ces restrictions de voyage, les compagnies ont annoncé leurs prochains plans de vol. Et exceptionnellement, un des vols se fera sans escale entre Papeete et Paris. Ce sera une première pour la compagnie Air Tahiti Nui. Avec 16 heures 30 dans le ciel, le vol TN64 entrera dans le top des plus longs vols commerciaux. Décollage de Papeete dimanche 15 mars à 3h00, arrivée prévue sur le tarmac de Roissy Charles-de-Gaulle le lendemain à 6h30.

La compagnie polynésienne affichait également dans son tableau de bord un vol Paris-Papeete avec escale à Vancouver, au Canada, ce samedi. Cependant, cette option ne pourra pas être pérennisée en raison, encore une fois, de restrictions imposées par le Canada, dans la lignée de son voisin américain.
 

Alors comment faire ?

Relier Papeete et Paris sans escale représente un vol de 15 715 kilomètres. Dimanche, ce trajet ne sera possible que grâce à des vents arrière, tout au long du trajet. Le trajet inverse ne serait, sans nul doute, infaisable. Alors une escale est nécessaire. Mais en rayant les États-Unis et le Canada de leurs listes de possibilités, les compagnies aériennes voient leurs choix diminuer de façon drastique. C’est pourquoi Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, devrait remplacer San Francisco et Los Angeles, et permettre aux vols commerciaux de faire escale entre l’hexagone et la Polynésie.
 
Grâce à cette solution, Air Tahiti Nui garantie ainsi des vols, au minimum pour la semaine prochaine. Tout comme son concurrent French Bee, qui a annoncé des escales en Guadeloupe sur les mêmes vols. "L’escale de Pointe-à-Pitre a été privilégiée à la solution canadienne, les autorités locales pouvant déclencher à court terme des mesures identiques à celles prises par les Etats-Unis", a argumenté la compagnie.

En revanche, d’après un communiqué d’Air Tahiti Nui, "la desserte Papeete – Los Angeles – Papeete reste inchangée". C’est-à-dire que les restrictions de vols américains s’appliquent aux ressortissants de l’espace Schengen et non aux habitants des territoires ultramarins.
 
Un vol de 16h30, un record ?
Si rester dans un avion pendant 16 heures et 30 minutes peut paraître long, il existe bel et bien des vols qui le sont encore plus. Le record est pour l'heure détenu par la compagnie Qantas, qui a réalisé en octobre dernier une liaison New York-Sydney sans escale. Soit plus de 19h15 dans les airs. Pour le réaliser, quatre pilotes se sont relayés aux commandes de l'appareil, durant le trajet. 
Sur la deuxième marche du podium, on retrouve à nouveau une liaison au départ et à l'arrivée de New York. La plus grande ville des États-Unis, reliée à Singapour par un vol de Singapore Airlines de 18h40, connait en effet de nombreux vols commerciaux supérieurs à 15 heures.