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Des centaines de manifestants soutiennent Guillaume, le Réunionnais porte-parole des policiers en colère entendu par l'IGPN

Après les manifestations de policiers en colère, Guillaume, le porte-parole réunionnais du mouvement ne sait pas s’il sera sanctionné pour manquement à son devoir de réserve. Entendu pendant six heures par l’IGPN, il a été soutenu par des centaines de manifestants ce jeudi à Paris.

Guillaume, le porte-parole réunionnais des policiers en colère, avait été entendu par l'IGPN en novembre 2016. © LP
© LP Guillaume, le porte-parole réunionnais des policiers en colère, avait été entendu par l'IGPN en novembre 2016.
  • Par Laura Philippon
  • Publié le
Il est plus de 20 heures lorsque Guillaume sort des locaux de l’IGPN, (l’Inspection Générale de la Police Nationale) dans le 12e arrondissement de Paris. Après six heures d’audition par la police des polices, quelques dizaines de collègues sont présents pour l’applaudir. En début d’après-midi, ils étaient plusieurs centaines de manifestants à l’encourager.

Pas de sanction pour l’instant

Fatigué, les yeux cernés, Guillaume a été convoqué par l’IGPN pour être sorti de son devoir de réserve lors des manifestations de policiers. "A l’heure actuelle, je ne sais pas si je vais être sanctionné, la décision appartient au préfet de police de Paris", explique le Réunionnais à sa sortie d'audition. "La sanction peut aller de l'avertissement jusqu'à la révocation", ajoute-t-il.


Un policier trop bavard

"On me reproche de m’être exprimé publiquement et d’avoir évoqué les problèmes auxquels nous sommes confrontés dans la police", poursuit Guillaume qui ne regrette rien. "C’était nécessaire, il fallait que quelqu’un ose dénoncer ce que les autres collègues pensaient. On voulait nous coller une étiquette "Front national", ce n’était pas le cas, et il fallait que les gens sachent que nous étions des policiers et pas seulement des masques et des cagoules".
 
 
Selon une source policière, Guillaume aurait été convoqué pour son "comportement" pendant ces manifestations. Le préfet de police l’aurait convoqué une première fois pour "lui rappeler les règles", mais n’ayant pas tenu compte de cet avertissement, il aurait demandé cette convocation à l’IGPN.
 

Manifestation de soutien

Un peu plus tôt dans la journée, Guillaume, policier de la BAC (Brigade Anti Criminalité) du 92, avait été accueilli par plusieurs centaines de collègues venus de la région parisienne. Applaudi à plusieurs reprises, la Réunionnais a été particulièrement ému lorsque ses collègues ont chanté la Marseillaise avant son entrée en audition. 
 
 

Guillaume, "lanceur d’alerte"

"Guillaume est une cible, la direction a trouvé quelqu’un à se mettre sous la dent, remarque Laurent, un policier martiniquais présent dans la manifestation. Cette convocation est inappropriée, il n’a rien fait de mal, il exprime juste ce que tout le monde ressent".
 
"J’espère qu’il n’y aura pas de sanctions, mais plutôt un début de dialogue pour comprendre le malaise des policiers et y apporter des solutions", confie pour sa part Jimmy Terrine, président de l’association GPX Outremer.
 


"Bravo mes poulets"

L’ensemble des manifestants, policiers et citoyens, considèrent Guillaume comme "un lanceur d’alerte". "Lorsque des policiers sortent de leur devoir de réserve, c'est qu'ils tirent la sonnette d'alarme et qu’il faut les entendre, affirme une Martiniquaise venue soutenir les policiers. En les voyant manifester, je me suis dis : "Bravo mes poulets", ils font ça pour notre sécurité".
 

Une association créée

Depuis le 17 octobre, les policiers manifestent pour réclamer plus de moyens, des peines plus sévères envers leurs agresseurs et une révision des règles de la légitime défense. Malgré les mesures annoncées par le gouvernement et l'enveloppe de 250 millions d'euros, la fronde persiste. Les manifestants marquent leur désaccord avec le gouvernement et leur défiance vis-à-vis des syndicats.
 
Suite à la convocation de Guillaume, ces policiers en colère se sont réunis ce jeudi matin. Ils ont décidé de se structurer en créant une association loi 1901 qui leur permettra de manifester dans la légalité.
 

 

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