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10 mai, 23 mai, 27 avril… une célébration multiple

Le 10 mai a été reconnu comme Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Ce n’est pas le seul jour où l’abolition de l’esclavage est fêtée en France et en Outre-mer.

  • Melinda DAVAN-SOULAS
  • Publié le , mis à jour le
Si Jacques Chirac a rendu officielle la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions le 10 mai, date actée dans les textes de loi, la France compte également d’autres jours de célébration. Autant de jours que de terres qui ont tourné le dos à l’esclavagisme et ses méfaits.
Elle n’est pas restée dans l’histoire, mais la date du 4 février 1794 fut la toute première célébrée. Ce jour-là, la Convention nationale proclamait la première abolition de l’esclavage dans toutes les colonies françaises, à l’exception de l’île Bourbon (actuelle Réunion) et des Mascareignes. La loi sera révoquée en 1802 par Napoléon Bonaparte.
Il faudra attendre le 27 avril 1848 et le décret de Victor Schoelcher pour que "le sol de France affranchisse l’esclave qui le touche". L’esclavage est officiellement et définitivement aboli. Cette date est alors la date de référence dans les colonies d’Outre-mer. Elle sera confirmée en 1983 par une loi relative à la commémoration de l’abolition de l’esclavage et le 27 avril devient alors jour férié dans les départements d’Outre-mer et à Mayotte.

Une date propre à chaque département d’outre-mer


Chaque département d’Outre-mer a cependant depuis opté pour son propre jour de célébration, fort de son histoire personnelle. Seule Mayotte a conservé la date du 27 avril. L’esclavage a été aboli le 27 mai 1848 en Guadeloupe, devenu jour annuel de fête. En Martinique, les célébrations ont lieu le 22 mai et en Guyane, le 10 juin. A la Réunion, "Fet’ Caf", qui rappelle la fin de l’esclavage dans l’île, est fêté le 20 décembre et jour férié pour tous les Réunionnais.
Une autre date a également obtenu une reconnaissance nationale : le 23 mai. Le Premier ministre François Fillon en a fait en 2008 une Journée nationale à la mémoire des victimes de l’esclavage colonial. Cette date est retenue en priorité par de nombreuses associations dont le Comité Marche du 23 mai 1998 (CM98) qui avait rassemblé plusieurs milliers d’Antillais, Guyanais, Réunionnais et Africains pour une marche commémorative des 150 ans de l’abolition de l’esclavage.
Il existe d’autres jours de célébration liés à l’esclavage dans les territoires d’Outre-mer. Ils sont généralement en corrélation avec des personnalités locales fortes comme Victor Schoelcher, Toussaint Louverture ou Louis Delgrès.

Des journées internationales pour se souvenir de l’esclavage


Parallèlement à ces dates françaises, des journées internationales sont fixées par l’Onu.
- Le 2 décembre : Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage qui commémore l’adoption par l’Assemblée générale de l’Onu de la Convention pour la répression et l’abolition de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui.
- Le 23 août : Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition à l’initiative de l’Unesco. Elle rappelle symboliquement le soulèvement des esclaves à Saint-Domingue (actuellement Haïti et République dominicaine) dans la nuit du 22 au 23 août 1791.

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