Lurel au pilori, le PS embarrassé

politique
Victorin Lurel
©AFP/Jean-Christophe L'espagnol
La polémique concernant les déclarations de Victorin Lurel sur Hugo Chavez vendredi a considérablement enflé ce week-end. Dernières sorties en date, celles de Copé, Mélenchon et Le Pen. Quant à la gauche, elle est plutôt embarrassée. Florilège.
Curieusement, la critique la plus virulente vient de la gauche de la gauche, en la personne de Jean-Luc Mélenchon. Le coprésident du Parti de gauche et expert autoproclamé en progressisme, comme chacun sait, fait le coup de l’indigné sur son blog. Il y dénonce pêle-mêle "l'arrogance", "le mépris" et "l'insulte" que représente l'hommage du ministre des Outre-mer Victorin Lurel à Hugo Chavez.
 
"Le solférinien arrogant et méprisant a vite percé sous le masque de l'homme des Caraïbes. Comment a-t-il pu avoir l'audace de parler d'un mort sur le ton de la blague comme il a osé le faire devant le cadavre d'Hugo Chavez ?", écrit Jean-Luc Mélenchon qui reproche au ministre d'avoir déclaré au sujet d'Hugo Chavez : "il était tout mignon (…), frais, apaisé comme peuvent l'être les traits de quelqu'un mort. On avait un Hugo Chavez pas joufflu comme on le voyait après sa maladie".
           
"Quelle arrogance ! Quel mépris ! Quelle insulte ! Est-ce un genre qui est créé ? C'est le style monsieur petite blague qui devient celui de la France ? Doit-on se préparer à commenter la tête qu'aura ‘pépère’ dans son cercueil le moment venu ? Devra-t-on alors commenter l'état de ses cheveux implantés et celui de ses rondeurs ?", ajoute-t-il faisant allusion à François Hollande.
           
"J'espère qu'à me lire vous ressentez un haut-le-coeur. Il vous enseigne ce que nous avons ressenti, nous les amis du Venezuela progressiste et d'Hugo Chavez comme personne humaine en prenant connaissance de ce qu'a été la parole de la France dans cette circonstance de deuil national", continue l'ancien candidat à la présidentielle. A sa décharge, notons que ce dernier dit quand même de Victorin Lurel : "On aurait pu cependant se réjouir du choix de l’homme en l’écoutant d’abord parler." Allusion aux autres déclarations du ministre sur Chavez.
 
Jean-François Copé, président de l'UMP, oubliant ses propres casseroles et bien campé dans son rôle de chef de l’opposition, a demandé "solennellement" lundi au président François Hollande de désavouer son ministre des Outre -mer.
 
"Au ridicule de sa comparaison avec de Gaulle et Léon Blum, s'ajoute sur le fond une insulte à tous ceux qui, au Venezuela, ont été victimes des atteintes délibérées de Chavez aux droits de l'Homme", a déclaré le député-maire de Meaux.
           
"Pendant sa présidence, Chavez a conduit des pressions extrêmes sur la presse, la justice et les responsables de l'opposition de son pays". "Ce n'est pas seulement, a-t-il dit, un couac qui s'ajoute aux autres couacs du gouvernement, c'est une faute politique que le silence coupable de François Hollande vient aggraver".
 
Et Marine Le Pen... fait du Marine Le Pen. La présidente du Front national, interrogée lundi par iTELE sur les débats suscités par les déclarations de Lurel, a déclaré : "c'est une polémique qui est complètement stérile, il faut que les élites UMP et PS arrêtent de faire mumuse et de passer leur existence à multiplier les polémiques les unes après les autres".
           
"Ce que pense le ministre des DOM-TOM que personne ne connaît, tout le monde s'en moque", a insisté Mme Le Pen, opposant ces débats aux "agriculteurs" ou "pêcheurs bretons" qu'elle a visités et "qui sont en train de mourir doucement, mais sûrement". Pour elle cependant, Hugo Chavez "a fait des choses positives, notamment faire profiter son peuple de la manne du pétrole; d'autres dirigeants en Afrique qui avaient des ressources très importantes n'ont pas fait cela". Victorin Lurel appréciera peut-être. 
 
VIDEO. Le PS gêné aux entournures 

##fr3r_https_disabled##