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Le Paris d’Aimé Césaire, entre littérature et politique

Cinq ans après sa disparition le 17 avril 2008, retour sur l’itinéraire de l’écrivain martiniquais. Paris a été l’un des principaux points d’ancrage de Césaire, tant sur le plan de son activité littéraire que politique. 

Fresque murale d’Aimé Césaire à l’entrée de Bagnolet (en Seine Saint-Denis, région parisienne), porte de Bagnolet en direction de Montreuil, en avril 2013 © stéphane weber
© stéphane weber Fresque murale d’Aimé Césaire à l’entrée de Bagnolet (en Seine Saint-Denis, région parisienne), porte de Bagnolet en direction de Montreuil, en avril 2013
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Aimé Césaire arrive à Paris en 1931, à l’âge de 18 ans, et s’inscrit en hypokhâgne au Lycée Louis-le-Grand en plein Quartier latin. Ironie du sort, son séjour dans la capitale française coïncide avec la fin de l’Exposition coloniale à la Porte dorée.
 
Le Paris des années trente est caractérisé par une intense vie artistique et intellectuelle. Césaire ne tarde pas à y prendre part. En 1932, il lance la revue Légitime Défense avec un collectif d’étudiants martiniquais, qui sera interdite par la Sûreté générale. Trois ans plus tard, Césaire fonde L’Etudiant noir, qui jouera un rôle important dans l’élaboration du concept de négritude.
 

Oeuvre majeure

A l’automne 1935, Aimé Césaire rejoint l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, où il se rapproche notamment du Parti communiste. C’est l’année suivante qu’il commence à travailler sur son œuvre majeure, le Cahier d’un retour au pays natal. La première version du texte est publiée dans la revue Volontés en août 1939. La même année, le poète échoue à l’agrégation de lettres. Il décide de ne pas se représenter et accepte une affectation à Fort-de-France en Martinique.
 
Aimé Césaire retrouve Paris après la guerre, à la fin de l’année 1945, comme député sous la bannière du Parti communiste. En février 1946, à l’Assemblée nationale, il est rapporteur de la loi sur la départementalisation de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion, qui est votée à l’unanimité le 19 mars.
 
Dans cette période bouillonnante, succédant à un terrible conflit mondial, le jeune parlementaire écrit beaucoup. Entre 1946 et 1950, il publie quatre ouvrages, dont une nouvelle édition du Cahier d’un retour au pays natal ainsi que la première édition d’un texte rentré dans l’histoire, Discours sur le colonialisme (éditions Réclame, 1950).

 

Congrès des écrivains noirs 

L’année 1956 est très importante pour le poète. En septembre, il participe au premier Congrès des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne, qui réunit des intellectuels noirs du monde entier. Aimé Césaire y délivre une communication intitulée "Culture et colonisation". Le mois d’après, il rompt définitivement avec le Parti communiste français. Sa lettre de démission, où Césaire explique longuement les motifs de sa décision, est publiée dans la presse et plus tard par les éditions Présence africaine sous le titre Lettre à Maurice Thorez (secrétaire général du PCF à l’époque).
 
Dans les années soixante et après, les liens de Césaire à la capitale française deviennent plus distendus, le député et par ailleurs maire de Fort-de-France se consacrant beaucoup plus à sa circonscription. Il publie néanmoins quatre ouvrages décisifs : un recueil de poèmes, Ferrements (éditions du Seuil, 1960) et trois pièces de théâtre, La Tragédie du roi Christophe (Présence africaine, 1963), Une Saison au Congo (Seuil, 1965) et Une Tempête (Seuil, 1969). Il n’écrira plus rien jusqu’en 1982, où son dernier recueil de poésie, Moi, Laminaire, est édité par le Seuil.
 
En 1993, Césaire renonce à renouveler son mandat de député, après avoir siégé à l’Assemblée nationale durant 47 ans sans interruption. A partir de cette date, il ne se rendra presque plus jamais à Paris, préférant demeurer en Martinique, où il décède en avril 2008.  

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