De la Réunion à Paris: une grande marche pour porter les revendications des chômeurs

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Les marcheurs sont parti ce lundi de la Réunion ©© Réunion 1ère (P. Comorassamy)
Une grande marche des  chômeurs et précaires est partie de la Réunion le 10 juin. Prochaine étape: Montpellier ou ils seront rejoints par des marcheurs de toute la France. Tous vont ensuite marcher pendant 3 semaines jusqu'à Paris.
Marcher pour se faire entendre. Tel est le pari de chômeurs et précaires de France. Une première délégation réunionnaise est partie sur les routes de la Réunion lundi matin pour arriver à l'aéroport Roland Garros ce jeudi.  Destination: Montpellier.
 
Car c'est bien dans l'Hérault que doivent se retrouver les participants au grand rassemblement national. Des collectifs d'associations de chômeurs et de précaires, entourés de syndicats venus de toute la France s'y sont donné rendez vous  pour le 17 juin. Ce jour là, ils prendront la route, à pied, direction Paris.
 
Dans le même temps, des participants venus de l'Est de la France marcheront également sur la capitale. Les chômeurs et leurs représentants entendent bien, par cette démarche se faire entendre. Dans leur ligne de mire: le deuxième volet de la conférence sociale des 20 et 21 juin. Le premier volet ne s'étant pas penché sur leur sort, cette fois-ci ils entendent bien s'imposer.
 

"J'ai passé 20 ans à me battre pour trouver du travail"

Georges Arhiman, président de l'association Maillon Eco à la Réunion sera de la partie. La grève des contrôleurs aériens a retardé son départ. Alors que ses deux acolytes ont quitté l'île depuis jeudi, il ne pourra arriver que samedi dans l'Hexagone. Qu'importe, l'objectif, c'est de porter les revendications des chômeurs réunionnais.
Dans l'île,  le taux de chômage atteint des sommets et près de 60%  des jeunes se retrouvent sans emploi. Une situation que  Georges Arhiman connaît trop bien. "J'ai passé 20 ans à me battre pour trouver du travail. Mon fils de 28 ans se retrouve également au chômage", déplore-t-il. S'il a depuis 5 ans retrouvé un emploi  au Conseil général, il ne décolère pas sur l'inertie des pouvoir publics. "Aujourd'hui, on ne propose pas d'alternative autre que le RSA, une formation pas forcément adaptée, ou la mobilité. On doit vivre avec des transfusions financières qui nous arrivent de Métropole."

 
"Fouiller les poubelles pour de la nourriture"

Et le président d'association ne peut pas envisager d'attendre un coup de main venu, sinon du ciel, de l'Hexagone. Si la délégation réunionnaise n'est pas nombreuse, c'est parce que les participants à la marche ont du se payer le billet par leurs propres moyens, précise-t-il. "Il faut combattre le chômage ici, avec nos moyens entre nous. Nous devons être solidaires et mettre en place des activités pérennes", avance-t-il.
Au regard de la situation économique de l'île, les doléances de la délégation sont nombreuses. "Il faut lutter contre les monopoles, poursuit le Georges Arhiman, aujourd'hui, un seul homme peut posséder plus de 50 entreprises sur l'île, vous trouvez ça normal? ". Autre sujet d'inquiétude: la misère de certains Réunionnais "On en voit fouiller les poubelles pour trouver un peu de nourriture", se désole-t-il.
 

Le trajet Montpellier Paris se fera en plusieurs étapes (Toulouse, Clermont Ferrand) et des retrouvailles avec des marcheurs venus du Mans sont prévues à Vendôme (41). Le 4 juillet,  ils seront ralliés par un cortège arrivant de Lille avant l'arrivée le 6 juillet, place Stalingrad à Paris
 
(Voir toutes les informations sur le parcours)
 
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