Crash de la Yemenia : 4 ans après

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Yemenia Manifestation
Manifestation à Marseille des familles des victimes de la Yéménia ©Bertrand Langlois/AFP
4 ans après le crash de la Yemenia, au large des Comores, les familles des victimes attendent toujours réparation. Le Ministre des Transports, Frédéric Cuvillier reçoit ce mardi Saïd Assoumani, le président de la principale association de victimes, l'AFVCA. 
C'était il y a quatre ans. Le 30 juin 2009, un Airbus A310, de la Yemenia Airways s'abîmait en mer, au large de Moroni, la capitale des Comores. A bord, on comptait 153 passagers et membres d'équipage. L'amérissage forcé a été d'une telle violence que seule une passagère de 12 ans, au moment des faits, Bahia Bakari a été retrouvée vivante. Le crash de la Yemenia a donc fait 152 morts, dont 66 français originaires des Comores. A l'époque, cette affaire a suscité beaucoup d'émoi. Et pourtant, quatre ans après ces faits, les parents des victimes n'ont toujours pas obtenu réparation. "On a l'impression d'être abandonné, précise Saïd Assoumai, président de l'AFVCA (Association des Familles des Victimes de la Catastrophe Aérienne du 29 juin 2009). Cela fait quatre ans que le gouvernement comorien et la Yemenia Airways font obstacle à la vérité". 

Avec des pilotes bien formés, l'accident ne se serait pas produit.


Mais à la veille de ce triste anniversaire, deux rapports essentiels sur le crash ont été rédigés. Au Tribunal de Grande Instance de Bobigny, le juge d'instruction Nicolas Aubertin a notifié aux avocats des victimes le rapport d'enquête pénal. Selon Maître Gérard Montigny qui défend les intérêts de l'AFVCA, "ce rapport explique que de graves fautes de pilotage ont été commises.  Les experts se posent de vives questions sur la formation de ces pilotes. Il est vrai, poursuit  l'avocat se référant au rapport d'enquête, que des balises au sol, permettant d'identifier la piste et de signaler les obstacles à l'aéroport de Moroni étaient en panne. Mais de bons pilotes compétents et bien formés auraient pu faire atterrir l'avion et l'accident ne se serait pas produit, ont conclu les experts". 

Rencontre avec le Ministre des Transports


L'autre rapport, très attendu par les victimes a été rédigé par le BEA, le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses. C'est le Ministre des transports, Frédéric Cuvillier qui va le remettre ce mardi 25 juin en mains propres à Saïd Assoumani, le président de l'AFVCA. Pour Maître Montigny, "la question est maintenant de savoir si ce dossier du BEA aboutira aux mêmes conclusions que le rapport d'enquête pénal, auquel cas, on peut enfin s'attendre à une mise en examen  de la Yemenia Airways". Saïd Assoumani espère que cette compagnie d'Etat détenue par des capitaux yéménites et saoudiens sera réellement mise en cause. "La plupart des victimes sont des gens modestes, souligne le président de l'AFVCA, et depuis quatre ans, notre situation n'a quasiment pas changé. Nous en sommes toujours au début". Saïd Assoumani a perdu une grande soeur, une nièce de 9 ans et un beau-frère dans le crash de la Yemenia.

Saïd Assoumani
Saïd Assoumani (au centre), président de l'AFVCA ©Zachary Assoumani

 

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