La Polynésie sur la liste des territoires à décoloniser: l'Elysée écrit à Edouard Fritch

politique
Lettre à Fritch
Le secrétaire général de l'Elysée a envoyé un courrier à Edouard Fritch. Il lui assure que François Hollande a été "sensible" à l'opposition de l'Assemblée de Polynésie à une réinscription  sur la liste des territoires à décoloniser.
L'Assemblée de Polynésie peut souffler. Sans surprise, l'Elysée partage sa position et confirme ne pas souhaiter non plus la réinscription de la Polynésie sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser.
 

Une position "hostile"

Le secrétaire général de l'Elysée Pierre-René Lemas a écrit en ce sens au président de l'Assemblée de Polynésie Edouard Fritch. Quelques jours plus tôt, l'Assemblée du territoire avait voté une résolution s'opposant à cette réinscription. Une information plutôt bien accueillie à l'Elysée comme le signale son secrétaire général. "Sensible à votre démarche, le chef de l'Etat m'a confié le soin de vous en remercier et de vous assurer de l'intérêt avec lequel il en a été pris connaissance", écrit-il avant de rappeler  la position "hostile" de la France au projet d'inscription.  La lettre (publiée plus bas) en date du 15 juillet a été mise en ligne par le site Internet de l'Assemblée de Polynésie.
  
Le 17 mai, à  quelques heures avant de quitter la présidence, l'indépendantiste Oscar Temaru réussissait à faire inscrire la Polynésie française sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser. Son lobbying auprès des instances de l'ONU avait porté ses fruits, l'Organisation avait donc adopté la résolution "L56".
 
 

La France dénonce une "ingérence"

Quelques jours plus tard, l'autonomiste Gaston Flosse reprenait les rênes d'un Fenua réinscrit. Le 30 mai, l'Assemblée de la Polynésie adoptait par 46 voix un texte demandant à l'ONU de revenir sur sa décision, les représentants de l'UPLD (parti d'Oscar Temaru) refusant de prendre part au vote.
Du coté de Paris, la position n'a jamais vraiment bougée. Lors de sa campagne présidentielle, bien que soutenu par Oscar Temaru, François Hollande s'était prononcé clairement contre l'indépendance de la Polynésie.  Alors qu'il militait auprès de l'ONU pour obtenir la réinscription de son territoire, Oscar Temaru avait dénoncé "l'obstruction" de l'ambassadeur français à l'ONU qu'il accusait d'une "stratégie de report aux calendes grecques".
Et lorsque la résolution a finalement été adoptée à New York, le quai d'Orsay a à son tour déploré une "ingérence flagrante".
 
 

Une inscription symbolique

Beaucoup d'agitations autour de cette réinscription donc, alors que pourtant, elle n'a que très peu de chance d'être suivie d'actes concrets.  Au total, 17 territoires figurent sur cette fameuse liste. Lès règles qui découlent de cette inscription, comme notamment la tenue d'un référendum d'autodétermination ne sont pas forcément respectées. Et quand bien même référendum il y a , il peut comme ce fut le cas notamment dans les Falklands (îles Malouines) montrer que 99,8%de la population s'opposait à toute idée d'indépendance.
 

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