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Les cigarettes électroniques sont-elles cancérogènes ?

En Outre-mer, les fumeurs s’orientent de plus en plus vers la consommation de cigarettes électroniques. Toutefois, une étude de 60 Millions de consommateurs tire à boulets rouges sur la e-cigarette en évoquant des composés "potentiellement" cancérogènes, et suscite la controverse. 

Selon la revue "60 Millions de consommateurs", la e-cigarette recèle des composés "potentiellement" cancérogènes © DR
© DR Selon la revue "60 Millions de consommateurs", la e-cigarette recèle des composés "potentiellement" cancérogènes
  • La1ere.fr (avec AFP)
  • Publié le
Le magazine de l'Institut national de la consommation (INC) se voit accusé de faire inutilement peur aux "vapoteurs", au risque de rejeter vers le tabac ceux qui auraient arrêté de fumer.
 

Le tabac, responsable de 73.000 morts par an en France

Seulement, le tabac est responsable de 73.000 morts par an en France, selon l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), d'après les travaux de la spécialiste Catherine Hill publiés en mars 2012. "Nous ne demandons pas d'interdire la cigarette électronique. Ce peut être un très bel outil effectivement qui peut aider un tas de gens à arrêter de fumer du tabac, responsable de 200 morts par jour", concède Thomas Laurenceau, rédacteur en chef du magazine. Mais il plaide pour un meilleur contrôle des e-cigarettes et des recharges.
 
Constatant un étiquetage non conforme au contenu de certains produits (moins de nicotine qu'annoncé, indication "sans" propylène glycol dans des recharges en contenant...), l'INC a alerté les autorités, précise-t-il. Le magazine s'attaque à l'absence de bouchon de sécurité sur certaines recharges contenant de la nicotine, particulièrement toxique pour les enfants, et pointe la présence "en quantité significative" de molécules "potentiellement cancérogènes" ou toxiques dans la vapeur (formol, acroléine, acétaldéhyde, nickel, chrome, antimoine...).
 

"Les vapoteurs n'ont pas trop de soucis à se faire"

Mais critiques et réactions fusent notamment sur Internet et Twitter : "60 Millions se trompe de cible", estime sur Twitter Antoine Flahault, professeur de santé publique à la faculté de médecine Paris-Descartes : "Face au vrai danger des cigarettes, les vapoteurs n'ont pas trop de soucis à se faire !"
 
"E-cig cancérigène, tout est dans le "potentiellement". Mais pour qui roule l'INC ?" lance pour sa part le Dr Dominique Dupagne sur son blog (atoute.org). Pour le blogueur Gyslain Armand (ma-cigarette.fr), "60 Millions de consommateurs ne fait pas dans la dentelle" et "va créer une certaine panique". "On est en droit de se demander si le magazine ne va pas arriver indirectement à conforter ses lecteurs fumeurs dans leurs habitudes tabagiques", écrit-il.
 
"60 Millions de consommateurs pointe du doigt des teneurs qui sont réelles, mais anodines dans l'absolu, surtout face aux substances monstrueusement cancérigènes (et toxiques pour les artères) contenues dans la fumée de tabac", s'insurge le Dr Dupagne, qui souligne que l'INC est subventionné par les pouvoirs publics. Pour ce médecin, l'étude du magazine est contredite par des études scientifiques, comme celle de la revue Tobacco Control, où les chercheurs trouvent en moyenne 450 fois moins d'acétaldéhyde et 15 fois moins d'acroléine dans les échantillons d'e-cig testées par comparaison avec le tabac.
 

Prendre en compte les risques

"Le Code de la consommation pourrait encadrer la véracité de l'étiquetage et imposer un bouchon de sécurité", concède Thomas Laurenceau. Pour le magazine, qui appelle les autorités de santé à réagir, "désormais, il faudra prendre en compte les risques" de l'e-cigarette. La revue dit avoir décelé des "molécules cancérogènes en quantité significative" : "dans trois cas sur dix", les teneurs en formaldéhyde (couramment dénommé formol) relevées "flirtent avec celles observées dans certaines cigarettes conventionnelles".
 
La présence "inquiétante" d'acroléine, émise par l'E-Roll, est décelée à des teneurs dépassant "même parfois" celles de la fumée de "certaines" cigarettes. Pour l'acétaldéhyde, cancérogène possible, le magazine admet cependant que les teneurs relevées restent très inférieures à celles des cigarettes de tabac.

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