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Les Réunionnais de la Creuse au ministère des Outre-mer

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Marie-Thérese Gasp est une "Réunionnaise de la Creuse". A l'initiative de son association Kazbar, une projection d'un documentaire sur le sujet est organisée ce vendredi au ministère des Outre-mer. L'occasion d'un débat avec d'ancien exilés. 
Marie-Thérese Gasp a découvert sa mère à 35 ans. Elle, qui a grandit dans la Sarthe au sein de la famille Foucher, se savait adoptée en 1967.  Rien en revanche n'avait filtré sur ses conditions d'arrivée. Il aura donc fallu attendre les années 90, un avis de recherche et un coup de fil de sa mère biologique depuis la Réunion pour qu'elle découvre son histoire.

Elle a ainsi appris qu'elle avait été déposée enfant par sa mère malade, dans un institut religieux de La Réunion. Lorsque sa mère se rétablit  et revient la chercher, il est trop tard. Sa fille n'est plus là. Elle est à Guéretn dans la Creuse. Dans le même temps, la famille Foucher, qui réside dans la Sarthe, se rapproche alors de la Ddass de la Creuse et l'adopte. Marie-Thérèse devient alors Dominique.
Elle n'est pas seule dans ce cas. Depuis une dizaine d'années, elle témoigne de son histoire et se fait une des porte-voix des quelques 1.600 enfants réunionnais ayant connu le même sort qu'elle.
  
De 1963 à 1982, soucieux  de repeupler les campagnes métropolitaines d'un coté, et de contrer la surnatalité de la Réunion de l'autre, le gouvernement, avec l'aval du 1er ministre et député de La Réunion Michel Debré, envoyait ainsi ces enfants de l'océan Indien à la Ddass de Guéret. Sur l'île, quand les parents étaient informés du long voyage qui attendait leurs enfants, il leur était dit qu'ils reviendraient.  
 

Une projection au ministère des Outre-mer

Ce vendredi, le film du réalisateur réunionnais William Cally "Une enfance en exil" sera projeté dans une salle du ministère de l'Outre-mer. Une démarche à l'initiative de l'association Kazbar, dont Marie-Thérèse est la vice présidente, qui donnera également lieu à une conférence et à un débat, en présence d'autres exilés.
Victorin Lurel ne pourra assister à la projection mais devrait se faire représenter. "Nassimah Dindar (la présidente du Conseil général de la Réunion, ndlr) a été invitée mais elle n'a pas répondu. La déléguée interministérielle Sophie Elizéon est également attendue", précise Marie-Thérèse Gasp.
 
"Une petite victoire", même si ce n'est pas dans le but d'obtenir des excuses officielles qu'elle a entrepris sa démarche.  "Je ne sais même plus ce que ce mot veut dire", confie celle qui a été rejeté par sa mère adoptive quand elle a entrepris ses démarches pour retrouver ses origines.

Vendredi, Marie-Thèrese veut donner la parole à d'autres exilés qui, eux, ont échoué dans le Gers. Et veut surtout parler des parcours réussis, "Depuis 10 ans, on raconte nos vies et nos misères. Maintenant j'aimerais aussi parler de ceux qui ont réussi à se construire malgré tout". L'autre objectif de Marie-Thérèse, au-delà de la reconnaissance, est surtout de pouvoir compiler un maximum de données sur cette histoire française. "Il faudrait donner aussi la paroles aux mères des exilés. Il faut aussi que La Réunion s'exprime sur cette histoire. Elle porte une responsabilité", insiste-t-elle.


Où voir "une enfance en exil"?
Le documentaire de William Cally "Une enfance en exil" (52 min) sera projeté au Ministère des Outre-mer vendredi dans la salle Félix Eboué

Une deuxième projection est prévue lundi 16 septembre à l'auditorium de la mairie de Pairs (75004). Sur réservation auprès de la Délégation à l'Outre-mer de la Mairie de Paris
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