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Erika Lernot, âme chanteuse et voyageuse

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La chanteuse martiniquaise Erika Lernot ©DR
Chanteuse, poétesse, voyageuse, un peu rêveuse… Erika Lernot est un subtil mélange de tout cela. Elle revient sur scène un an après la sortie de son album « Le Voyage ». Rencontre. 
Cap-Vert, Brésil, Martinique, Guyane, Cambodge… Erika Lernot s’est nourrie de ses voyages. Spirituellement et musicalement. Il n’est qu’à voir le sourire qui l’éclaire quand elle évoque ses pérégrinations dans l’archipel du Cap-Vert ou parmi les vestiges des temples d’Angkor au Cambodge. « Mais je cultive toujours mes racines martiniquaises » souligne-t-elle. « Il y a toujours ce lien. C’est en se nourrissant de ses racines qu’on peut ensuite voir l’ailleurs ».
 
Cette artiste de 29 ans, qui a grandi en banlieue parisienne, a commencé par l’écriture. Des poèmes, et des chapitres qui n’ont pas encore été mis bout à bout. « Un jour peut-être », s’en amuse-t-elle. Ses textes sont d’abord rédigés à l’ombre du hip hop, et d’un peu de zouk.
 
Le chant vient un peu plus tard. Par le biais d’une initiation aux sessions de « l’Opéra université », à l’Opéra Garnier et à l’Opéra Bastille, puis au gospel. Repérée par des artistes antillais, dont Ines Bwa bwa et Erik, elle devient choriste dans plusieurs groupes dits de « Soul créole » avec qui elle fait de nombreuses tournées. Tout en continuant à écrire.
 
C’est là qu’elle rencontre le guitariste et compositeur Siam Lee. Paroles et musique, c’est le déclic. Le projet du « Voyage » est envisagé, et se concrétise. « Avec des musiciens exceptionnels, c’était un peu magique. L’album a des influences capverdiennes, caribéennes, et de l’Afrique de l’Ouest », précise Erika Lernot.
 

VIDEO. « Oyaya » (la joie), d’Erika Lernot



Une invitation au voyage à priori chaleureuse, mais l’accueil est froid dans l’hexagone. « La critique n’a pas vraiment compris ce que c’était », déplore la chanteuse. « Elle catégorise beaucoup, et elle ne savait pas où mettre l’album, et du coup elle ne l’a mis nulle part ! Mais il y a des albums que l’on ne peut pas obligatoirement positionner. Pour moi l’essentiel c’est de faire de la musique, après on met des étiquettes si on en a envie ».
 
Le CD a par contre très bien marché en Martinique. « J’ai senti que les gens avaient quand même plus la culture musicale appropriée pour comprendre le projet. Nous étions dans les playlists. Et aussi on m’a gratté dans le sens du poil ! » sourit Erika Lernot.
 
Elle enchaîne, intarissable sur son récent séjour au Brésil. L’atmosphère, l’ambiance, les gens, la culture, Sao Paolo, Salvador de Bahia, Recife, Rio… restent gravés dans sa mémoire. Une parenthèse enchantée avant la grisaille parisienne et un retour à son art certes, irrigué par ce voyage, mais également à un travail alimentaire pas vraiment en rapport avec sa passion. Dur de vivre de sa musique en France.
 
Ni underground, ni mainstream, ni trop zouk, ni « chanson française », bref un Ovni dans un marché du disque hexagonal tourmenté, Erika Lernot demeure inclassable. Elle a cependant un solide noyau de fans. Ces derniers seront ravis d’apprendre que la chanteuse envisage de se produire régulièrement à l’Etage à Paris, et qu’elle a concocté de nouveaux morceaux. Bon voyage.
 

Prochain concert 

Mercredi 16 octobre 2013 à 20h à l’Etage
77 rue du Faubourg du Temple
75010 Paris
 
Erika Lernot - « Le Voyage » - Awimusic, 2012
Site Internet : www.erikalernot.com
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