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Christiane Taubira présente sa réforme pénale, l'opposition l'accuse de laxisme

La garde des Sceaux a présenté son projet de réforme pénale ce mercredi en Conseil des ministres. Un projet qui reste très décrié dans les rangs du FN et de l'UMP.

Christiane Taubira © BERTRAND GUAY / AFP
© BERTRAND GUAY / AFP Christiane Taubira
  • Par Maïté Koda
  • Publié le , mis à jour le
C'est un exercice périlleux auquel s'est livrée la Garde des Sceaux aujourd'hui.  La réforme pénale présentée par Christiane Taubira en Conseil des ministres est d'ores et déjà très controversée.
Depuis plusieurs mois, son projet a été sous un feu nourri de critiques de l'opposition mais  a également fait l'objet de vives tensions entre le Ministre de l'Intérieur et la Chancellerie.  
 

"Bombe à retardement"

"Notre-Dame de Lourdes des peines légère", c'est ainsi que le député Front national Gilbert Collard a qualifié Christiane Taubira ce mercredi, l'accusant une nouvelle fois de laxisme. "C'est une réforme qui se fout des victimes",  a-t-il affirmé sur France 2. Mi-septembre, c'était le président de l'UMP Jean-François Copé qui "réclamait solennellement le retrait de la loi Taubira". L'ex-garde des Sceaux Rachida Dati y est allée de son petit laïus, accusant le projet de loi d'être une "attaque contre le pacte républicain", un "mensonge d'Etat" et une "bombe à retardement".
 

Vives tensions autour de la peine de probation

La garde des Sceaux devrait avoir eu le temps de s'habituer à ces attaques. Depuis plusieurs mois l'opposition ne manque pas une occasion de critiquer le projet de réforme. Même dans son propre camp, le projet a été l'objet de vives dissensions.
 
Ainsi, pendant l'été 2013, sa mésentente avec Manuel Valls, ministre de l'Intérieur était de notoriété publique. L'objet de la discorde: la réforme pénale. La ministre de la Justice demandait la fin des peines planchers et des libérations conditionnelles automatiques. Surtout, elle  réclamait la création d'une peine de probation en milieu ouvert. Ce dispositif clé de la réforme, particulièrement décrié par l'opposition et la place Beauvau, est prévu comme une alternative à l'emprisonnement. Une personne condamnée  à une telle peine pourrait alors écoper de travaux d'intérêt général assortis d'une obligation de suivi. Un dispositif qui devrait favoriser le désengorgement des prisons, qui souffrent de surpopulation.
Entre les deux camps, la tension est montée et  l'Elysée a dû trancher. Au final la Ministre de la Justice a obtenu gain de cause.
 

Le soutien de Jean-Marc Ayrault

Ce mercredi, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé la création de 1 000 postes dans le cadre de cette réforme et  a défendu son gouvernement de toute intention laxiste. "Quel est l'objectif de cette réforme? Ce n'est pas du laxisme, c'est de mettre en œuvre une politique de sécurité, mais une politique qui marche. Il n'y a pas d'opposition entre la police et la justice, c'est la même chose, la sécurité des Français, la protection des victimes".
Le texte doit être examiné à l'Assemblée nationale le 8 avril.
 

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