Budget Outre-mer: "vigoureuse mise en garde" de la Fedom

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Jean-Pierre Philibert, le président de la Fedom, au Salon international du tourisme IFTM Top Resa à Paris, le 26 septembre 2013 ©philippe triay/france télévisions
 Le président de la Fédération des entreprises d'outre-mer (Fedom), Jean-Pierre Philibert, lance une "vigoureuse mise en garde" sur la politique conduite dans les outre-mer, espérant des modifications lors de l'examen au Sénat du budget pour 2014.

"Le budget pour les outre-mer pour 2014 est un budget de régression économique et de régression sociale", affirme Jean-Pierre Philibert au lendemain du conseil d'administration de la Fedom, qui lance "une vigoureuse mise en garde sur la politique conduite outre-mer". "Le PS dans l'opposition dénonçait la vision strictement budgétaire du précédemment gouvernement sur l'outre-mer. Eh bien le gouvernement actuel, c'est la même chose !", a-t-il regretté.
Le projet de loi de finances 2014, encore en débat à l'Assemblée, doit être examiné à partir du 21 novembre au Sénat, où la Fedom espère des amendements sur des mesures qui "portent la patte de Bercy", sous entendu une vision uniquement comptable.

Régression économique

 
Pour la Fedom, la "régression économique" porte sur deux dispositions majeures concernant les outre-mer. D'abord sur la mise en oeuvre du crédit d'impôt en lieu et place de la défiscalisation pour certaines entreprises: "Nous avions abouti à un compromis négocié et arbitré par Matignon pour fixer à 20 millions d'euros de chiffre d'affaires le seuil au-dessus duquel une entreprise passe de la défiscalisation au crédit d'impôt. 107 grandes entreprises devaient en faire l'expérimentation", a rappelé M. Philibert. Or "Bercy interprète ce seuil dans le sens du groupe ! Quatre fois plus d'entreprises seront concernées", a-t-il dénoncé, et notamment des entreprises qui n'ont pas les reins financiers pour avancer l'argent.

"La défiscalisation va mourir"

 
Ensuite, le plafond de la défiscalisation à 18.000 euros, investissements, outre-mer compris, est "anti-économique": "nous constatons dès cette année qu'un certain nombre de projets d'investissement ne peuvent pas voir le jour, la défiscalisation va mourir de sa belle mort", a-t-il déploré.
Enfin, la Fedom qualifie de "régression sociale" le recentrage des exonérations de charges sociales sur les bas salaires, permettant ainsi une économie de 80 M EUR, défendue par le ministre Victorin Lurel comme la participation des outre-mer à l'effort national de réduction des dépenses publiques. "Ca va devenir une niche à bas salaires et cela n'incitera pas les entreprises à recruter des cadres intermédiaires. C'est absurde, car dans le même temps le gouvernement confie une mission à un parlementaire pour trouver des pistes pour aider les jeunes ultramarins qualifiés à rester dans leurs territoires", a expliqué Jean-Pierre Philibert.
 
La Fedom demande donc "la suspension de cette mesure" mais propose, "en gens responsables", de "s'asseoir autour de la table pour trouver où on pourrait réaliser la même économique budgétaire".