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Nickel : la folle semaine d'Eramet et du "métal du diable"

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usine du nord Koniambo
Géologue calédonien sur le massif de nickel du Koniambo. ©Alain Jeannin
Mis sur orbite par le rebond des cours du nickel au LME de Londres, Eramet poursuit sa progression à la bourse de Paris. Recul des approvisionnements russes, pannes des usines chinoises de nickel, embargo indonésien, le "métal du diable " a fait un clin d'œil au producteur franco-calédonien.
Première conséquence, l'action Eramet a progressé de près de 19 % en trois jours dans un volume d'échanges très importants.
Premier acteur à réagir, le courtier milanais Equita, l'un des principaux investisseurs financiers italiens, vient de recommander le titre et à même inclus Eramet dans sa liste des valeurs préférées.



Equita insiste sur le potentiel de croissance du groupe français avec son domaine minier calédonien. Et il n'est pas le seul.

 Equita et Carlo Tassara. Deux "Italiens" dans le sillage d'Eramet.

Carlo Tassara est un groupe industriel et financier dont le siège social est à Breno près de Milan dans le nord de l'Italie. C'est un combinat qui associe des participations dans les métaux et des investissements financiers. Le holding qui porte le nom d'un sidérurgiste italien, est la propriété de l'ingénieur et homme d'affaire Roman Zaleski. Le holding Carlo Tassara est actionnaire minoritaire d'Eramet à hauteur de 12%. Et il est en conflit notamment sur les orientations stratégiques avec la direction du groupe. 


Le soudain intérêt du courtier milanais Equita pour le groupe français Eramet a-t-il quelque chose à voir avec la stratégie de son compatriote Carlo Tassara ? Le président du groupe italien en France, Jacques Bacardats, ancien président d'Eramet oppose un démenti catégorique : " Je ne connais pas Equita, en revanche, il est clair que la principale contrainte d'Eramet et donc de la SLN demeure le manque d'argent frais. La direction du groupe doit envisager une augmentation de capital ". 

Une demande récurrente de Carlo Tassara qui pourrait tout de même correspondre au regain d'intérêt de l'investisseur Equita pour Eramet- via le marché des actions en bourse.
 
Grandes manœuvres et spéculations autour d'Eramet.
 
Eramet, entreprise peu connue du grand public et qui n'a jamais recherché la notoriété se retrouve aujourd'hui sous le feu des projecteurs. Pas moins de 40 articles lui sont consacrés ces derniers jours, notamment sur Internet.
A l'évidence, quand Eramet bondit à la bourse de Paris ce n'est pas uniquement à cause de la Russie, c'est aussi parce que l'intérêt des investisseurs et des marchés financiers pour les producteurs de nickel se réveille.

Un concurrent pour Glencore
L'italien Equita n'est donc pas le seul. Mercuria le nouveau géant suisse des matières premières qui vient de racheter l'activité matières premières de la banque JP Morgan est un autre intervenant potentiel. Mercurial est désormais un très gros investisseur de la chaîne du négoce et du nickel. 

La société fondée par deux traders suisses devient un sérieux concurrent pour Glencore, le concurrent d'Eramet en Nouvelle-Calédonie…
Ces grandes manœuvres autour du nickel et du  groupe franco-calédonien suscitent aussi l'intérêt du géant australien BHP Billiton qui regarde de près la situation sur "le Caillou."

De nombreuses questions en suspens
Dans ce monde où se côtoient production industrielle et spéculation financière, la " folle semaine " d'Eramet suscite aussi des interrogations. Un très bon connaisseur du marché, mais qui préfère rester anonyme s'interroge : " Comment une entreprise comme Eramet qui a perdu 218 millions d'euros en 2013 peut-elle autant progresser en bourse et en seulement quelques jours ? " Et de conclure: "C'est un mystère. Peut-être y a t-il un loup quelque part."
Seule ombre au tableau ce vendredi, les cours du nickel à Londres sont repassés sous la barre des 16 000 dollars la tonne. Simple repli technique ou signe avant-coureur ? 
 
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