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L'IEOM et "l'annus horribilis" du nickel calédonien

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Convoyeur de nickel en Nouvelle-Calédonie. Site de l'Usine du Nord et du massif du Koniambo ©Alain Jeannin
L'économie calédonienne est très dépendante de l'industrie du nickel et cette industrie a manqué de compétitivité en 2013. C'est le constat plutôt négatif fait par l'Institut d'émission d'Outre-mer (IEOM) qui tenait sa conférence de presse, vendredi à Paris. 
Baisse des cours du métal en 2013, manque de compétitivité de la SLN (Eramet), montée en puissance plus lente que prévue de l'Usine du Nord (Xstrata-SMSP) et de l'usine hydro-métallurgique du Sud (Vale), pour l'IEOM les indicateurs économiques de l'industrie du nickel ont été particulièrement mauvais en 2013 "contraignant l'ensemble du secteur à redoubler d'efforts pour réduire les couts de production". Avec un impact significatif sur l'économie calédonienne.
 
Le rapport de l'IEOM publié vendredi 11 avril n'envisage pas de reprise des cours du métal avant 2016, ce que dément pour le moment la forte reprise du nickel au London Metal Exchange (LME) de Londres. Toujours est-il que l'IEOM prend en compte les fondamentaux réels du marché et rejoint dans ses conclusions Didier Julienne, le spécialiste français des matières premières, pour lequel la reprise actuelle pourrait ne pas durer.
 

2014 : l'ombre russe plane sur le nickel calédonien

Les cours du nickel progressaient fortement depuis le début de l'année mais les tensions internationales pourraient hypothéquer cette reprise. Le rapport de l'IEOM qui est un bilan de l'année 2013 ne prend pas en compte et pour cause les éléments nouveaux, positifs mais fragiles survenus depuis janvier 2014: embargo indonésien sur les exportations de nickel, crise avec la Russie et baisse des ventes de nickel du producteur Norilsk, pannes récurrentes des usines chinoises utilisant de l'ersatz de nickel pour produire de l'acier inoxydable.
 
Au LME de Londres, le nickel a poursuivi son ascension en gagnant plus de 2.000 dollars par tonne depuis le mois de mars. La tonne de métal a dépassé les 17.000 dollars ce vendredi au LME. Le nickel monte mais les entreprises minières pâtissent en cette fin de semaine des tensions géopolitiques avec la Russie qui a prévenu que les livraisons de gaz russe à l'Europe pourraient être interrompues. Menaces russes, conséquences calédoniennes, Eramet a vu sa progression brutalement interrompue ce vendredi, Glencore-Xstrata et Vale stagnent sur les différentes places boursières de la planète. It's a wild world !  

alain.jeannin@francetv.fr 


A lire : "L'économie de la Nouvelle-Calédonie en 2013" (synthèse de l'Institut d'émission d'Outre-mer)

 

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