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Succès de la campagne "Déposez les armes" en Martinique

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L'opération "Déposez les armes" en Martinique a permis de collecter plus de 700 armes ©DR
L'opération "Déposez les armes" organisée en Martinique contre la banalisation de la détention et de l'usage des armes à feu a été un succès, avec plus de 700 armes collectées, selon des chiffres officiels dévoilés en fin de semaine. 
Au total, ce sont 723 armes qui ont été récupérées entre le 1er février et mi-avril, a annoncé la nouvelle ministre des Outremer George Pau-Langevin, qui a salué "un succès" lors de sa visite à Fort-de-France. Outre ces armes, 13 petites ogives, 5 grenades, plus de 27.400 cartouches et 2.000 plombs ont été apportés sur les trois mois de l'opération. Ce sont majoritairement les hommes proches de la soixantaine qui ont joué le jeu.
 

Privilégier la prévention

Le préfet de la Martinique, Laurent Prévot, a confirmé que les armes seraient détruites d'ici à la fin mai chez un ferrailleur local. Devant ce premier succès, Mme Pau-Langevin indique que l'opération pourrait être renouvelée. Quant à un éventuel renfort des moyens de police et de gendarmerie, elle a confirmé qu'elle s'entretiendrait avec le Premier ministre Manuel Valls sur ce point. Mais la ministre souhaite avant tout privilégier les actions de prévention pour lutter "pour la tranquillité publique".
 
Cette campagne visait à mettre hors circulation des armes détenues ou héritées par des particuliers. "Une très belle opération", selon le colonel Philippe Debarge, commandant de la gendarmerie en Martinique. Elle a rencontré une "véritable adhésion" de la population, se félicite Francis David, chef d'escadron, commandant de la compagnie de gendarmerie départementale du Marin (sud).
 
Selon des sources gendarmerie et police, environ 500 armes ont été recueillies en zone gendarmerie, 200 en zone police, où l'opération a débuté "plus lentement", mais avec une nette "accélération" ensuite, déclare Franck Desrumaux, directeur départemental de la Sécurité publique, "dans une ambiance bon enfant". L'opération a fait l'objet, rappelle M. Desrumaux, d'une "grosse campagne de publicité".
 

Faits divers sanglants

Cette opération était destinée à éviter la banalisation de la détention et de l'usage des armes à feu, alors que plusieurs faits divers sanglants ont fait la une de l'actualité en Martinique en 2013. Ce sont les personnes âgées "qui ramènent les armes, pas les jeunes", souligne-t-on, avec par exemple des veuves qui ont ramené l'arme de leur défunt mari.
 
"Évidemment, on ne s'attend pas à ce que le braqueur nous ramène son calibre, mais pour les autres armes, on ne sait jamais entre quelles mains elles vont se retrouver et on préfère que ce soit les nôtres", précise Franck Desrumaux, pour qui cette opération de prévention devrait être renouvelée "une fois par an".
 
Devant le succès rencontré, l'opération a été prolongée de 15 jours, pour s'achever au début de cette semaine. Le parquet rappelle que les personnes ayant déposé ces armes pendant l'opération ne risquaient pas de sanction administrative ou judiciaire pour "détention illégale d'arme". Ces armes ont été stockées dans les armureries des différentes unités et devraient être détruites, comme elles l'ont été en Guadeloupe, où deux campagnes de ce type ont permis de récupérer, en 2013, 232 armes et 2.500 munitions.
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